Force de dissuasion nucléaire : Hollande ne sacrifiera pas les industriels

27 Juin 2012

Michel Rocard, qui n'a pourtant rien d'un révolutionnaire, a lancé l'idée de renoncer au budget de la force de dissuasion nucléaire pour faire des économies et équilibrer le budget. L'entretien de cette arme coûte en effet plus de 3 milliards d'euros par an au budget de l'État, sur les plus de 31 milliards consacrés chaque année au budget de la Défense.

La réaction de Hollande ne s'est pas fait attendre : il a répondu depuis le Brésil qu'il n'en était pas question. Le nouveau président a beau parler de la nécessité d'équilibrer au plus vite le budget de l'État, dans le but de rassurer les spéculateurs sur les capacités de remboursement de l'État français, il n'est pas prêt pour autant à tailler dans le budget de l'armée. En fait, durant la campagne présidentielle, le candidat Hollande avait déjà évacué l'idée de réduire le budget de la Défense et il avait même montré aux hauts gradés qu'il entendait leurs demandes en reconnaissant qu'il faudrait intégrer « les renouvellements d'équipements et les modernisations indispensables » dans la loi de programmation militaire 2014-2020.

Il faut dire que ces factures d'équipement militaire astronomiques ne permettent pas seulement de mettre du baume au coeur des galonnés de l'armée, elles représentent un fructueux marché pour certains industriels. Pour ne prendre qu'un exemple, la dissuasion nucléaire est en partie aérienne et ce sont des avions Rafale qui sont prévus pour embarquer l'arme nucléaire. Supprimer la force de dissuasion nucléaire aurait donc des répercussions sur les commandes de Rafale et sur le chiffre d'affaires de son fabricant Dassault, industriel connu pour sa carrière politique à droite, mais dont l'entreprise a dans le passé toujours pu compter autant sur les pouvoirs de gauche que de droite pour son carnet de commandes.

Sur la question du budget militaire, et sur bien d'autres, Hollande ne se distingue en rien de son prédécesseur.

Stéphane FORT