Israël-Palestine : Grève de la faim des prisonniers

09 Mai 2012

La Cour suprême d'Israël a rejeté le 7 mai l'appel de deux détenus palestiniens en grève de la faim depuis le 29 février, soit 69 jours de grève à cette date. Une décision inique, au moment où se développe une grève de la faim collective dans l'ensemble des prisons du pays.

Le 17 avril dernier, Journée annuelle des prisonniers, la justice israélienne a libéré un détenu en grève de la faim depuis soixante-six jours qui était, au dire des médecins, en danger immédiat de mort. Cette libération est apparue comme une victoire et 1 200 détenus se sont alors mis ensemble en grève de la faim. Depuis, leur nombre a augmenté et atteint au moins 2 000 prisonniers.

4 700 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. La plupart ont été arrêtés par l'armée en territoire palestinien et jugés sommairement par des tribunaux militaires. 319 d'entre eux n'ont pas été jugés, selon une procédure de détention administrative qui date du mandat britannique sur la Palestine et qui permet de détenir une personne jusqu'à six mois renouvelables, sans aucune inculpation. Certains Palestiniens sont incarcérés selon cette procédure depuis cinq ans !

Les grévistes réclament l'abolition de cette détention administrative, mais aussi la fin de l'isolement carcéral, le droit de visite pour les familles bloquées en territoire palestinien, l'accès à l'éducation, aux médias, etc.

Depuis le début du mouvement, les autorités ont répondu par des punitions collectives, des confiscations d'objets personnels, des bastonnades, des placements au secret, des transferts. D'après une association de soutien aux prisonniers, le sel pour l'eau nécessaire à l'alimentation des grévistes aurait même été confisqué.

Les manifestations de solidarité se multiplient dans les territoires palestiniens. Une association de médecins israéliens réclame le transfert dans les hôpitaux publics de certains grévistes qui ont commencé il y a plus de quarante jours et la possibilité d'examiner les plus affaiblis d'entre eux. Pour le moment, la justice fait la sourde oreille, mais le gouvernement semble craindre que le mouvement prenne de l'ampleur.

Israël traite les prisonniers palestiniens de façon arbitraire et avec le plus grand mépris. D'après un rapporteur de l'ONU, depuis 1967 « 750 000 Palestiniens, dont 23 000 femmes et 25 000 enfants, ont été en détention dans les prisons israéliennes, soit approximativement 20 % du total de la population palestinienne des territoires occupés ».

Pierre MERLET