Espagne - La croissance n'est pas au rendez-vous

09 Mai 2012

Depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq mois en Espagne, le chef du gouvernement de droite Mariano Rajoy répète que, s'il multiplie les mesures antisociales, c'est pour permettre à l'économie de retrouver la croissance. La réforme de la législation du travail, qui permet au patronat de licencier plus facilement et de systématiser les contrats temporaires, devait permettre selon lui de relancer l'emploi. Les sacrifices imposés à tous pour couper dans les dépenses de l'État, la restriction des budgets des régions, des services publics, devaient contribuer à redonner confiance aux marchés internationaux et aux agences de notation.

Ce sont autant de sacrifices sans aucune efficacité pour atteindre les objectifs fixés, même à ce niveau. L'agence de notation Standard and Poors vient d'ailleurs de dégrader à nouveau la note de l'Espagne, une dégradation qui, dit-elle, en annonce d'autres, dans ce pays où la chute du produit intérieur brut (PIB) pour cette année est estimée à 1,5 %

Mais les travailleurs d'Espagne, les salariés, les chômeurs, les petits commerçants, n'ont pas besoin des statistiques officielles pour mesurer la gravité de la récession et d'une régression des conditions de vie des classes populaires dont le gouvernement lui-même reconnaît qu'elle va s'aggraver. Rajoy prévoit que la réforme du droit du travail n'aura de conséquences positives que d'ici cinq ans... tandis que les coupes dans les budgets publics se traduisent dès aujourd'hui par des difficultés, voire la misère, pour des centaines de milliers de familles.

Henriette MAUTHEY