Des « sages » pas trop regardants

09 Mai 2012

Le Conseil constitutionnel est considéré comme se situant au-dessus des institutions pour veiller au respect de ces dernières.

Il est composé de membres présentés comme au-dessus de la mêlée. Les anciens présidents de la République en sont membres de droit, comme Giscard d'Estaing, Chirac (condamné pour l'affaire d'emplois de complaisance à la Ville de Paris) ou bientôt Sarkozy (accusé de tremper dans les affaires Bettencourt et Karachi). Les autres membres sont nommés par le président de la République et par les présidents des Chambres parlementaires. Il a vu passer des membres d'une grande probité comme Roland Dumas (impliqué dans le scandale Elf et connu pour s'être vu offrir par cette société une paire de chaussures à 11 000 francs). Tous ces êtres d'excellence ont même été surnommés les Sages. C'est dire s'ils le méritent !

Comme par hasard, ces Sages qui ont dû statuer sur la loi concernant le harcèlement sexuel ne comptent que deux femmes... de droite. Et, sur les neuf hommes qui composent cette auguste assemblée, quatre connaissaient personnellement Gérard Ducray, qui a demandé l'annulation de la loi. Il ne faut y voir aucune relation de cause à effet. Ce n'est pas la faute de ces messieurs, les Sages, si Gérard Ducray a été secrétaire d'État au tourisme sous Giscard d'Estaing, alors que Chirac en était le Premier ministre. Jacques Barrot, membre éminent du Conseil constitutionnel, était alors secrétaire d'État au Logement de ce même gouvernement.

De mauvaises langues diront que cette assemblée de Sages n'est ni plus ni moins qu'une assemblée de petits arrangements entre amis, pas toujours très sages eux-mêmes. Où va se nicher la médisance ?

Aline URBAIN