Contre les plans de licenciements : Les travailleurs ne peuvent pas compter sur le président

09 Mai 2012

Alors que les licenciements ont continué pendant toute la campagne présidentielle, la période qui s'ouvre ensuite ne s'annonce pas comme une accalmie, bien au contraire. Il a déjà été fait état de projets de suppressions d'emplois dans de nombreux secteurs, de l'électronique à l'automobile en passant par le transport aérien. Il était déjà évident que les travailleurs de PSA ne seraient pas les seuls à avoir à s'opposer à un plan que la direction avait voulu garder caché jusqu'aux élections, mais qui, en ce qui les concerne, était heureusement tombé entre les mains d'un syndicat, la CGT.

Le 27 avril, FO a à son tour dévoilé un plan de 3 à 4 000 suppressions d'emplois dans les hypermarchés Carrefour. Avec une certitude fondée sur les « remontées des cadres supérieurs syndiqués chez FO qui ont vu des notes écrites, des plans », le syndicat précise que le plan en question concerne « 20 personnes en moyenne par magasin », au nombre de « 200 et quelque », et « le reste réparti sur les sièges sociaux ». Or, avant même l'annonce de ces suppressions d'emplois, la direction a déjà tiré sur les effectifs, comme l'atteste la grève déclenchée le 30 avril à l'hypermarché Carrefour de Quimper, dans laquelle la CGT et la CFDT dénoncent « la dégradation des conditions de travail et la pression constante sur les salariés ».

Les actionnaires principaux de Carrefour sont le fonds d'investissement Colony Capital et le PDG de LVMH, Bernard Arnault, prêts, tout comme la famille Peugeot dans le cas de PSA, à envoyer au chômage des milliers de travailleurs pour faire suer davantage de profits à ceux qui continuent à avoir un travail à l'usine ou au magasin.

Sarkozy n'a évidemment pas contrecarré les plans des patrons licencieurs. Quant à Hollande, il s'est gardé de tout engagement précis en faveur des travailleurs menacés. Interrogé le 28 avril par Le Parisien à propos des plans de licenciements restés cachés durant la campagne, il s'est borné à répondre : « Nous devons dire à ces entreprises que nous ne les accepterons pas sans réagir. » Sur France 2, le 24 avril, il avait déjà pris soin de rester dans le flou : « Avant même que des décisions irréparables soient prises, je dois, je devrai intervenir », avait-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne « laisserait pas s'abattre sur les Français un cortège de mauvaises nouvelles ».

Cela pourra peut-être rassurer, durant quelques jours ou quelques semaines, ceux qui se laissent bercer d'illusions. Mais il faudra vite en revenir et préparer la lutte pour interdire les licenciements.

Jean SANDAY