Chômage - Il faut mettre un coup d'arrêt !

09 Mai 2012

Tous les indicateurs économiques laissent entrevoir une aggravation de la situation de l'emploi dans les semaines à venir. Ainsi, selon les gestionnaires de l'AGS, l'Assurance de garantie des salaires chargée de payer les salaires en lieu et place des entreprises en dépôt de bilan, avant faillite dans la plupart des cas, « les chiffres provisoires du premier trimestre 2012 (arrêtés au 31 mars ) indiquent d'ores et déjà une augmentation du nombre de procédures collectives ». Pas moins de 4 000 sociétés sont concernées, ce qui représente une augmentation de 6 % par rapport à la même période de l'an dernier.

Par ailleurs, le premier secteur d'emploi dans le pays, le bâtiment, annonce un véritable effondrement des mises en chantier, avec les licenciements massifs que cela devrait entraîner. Ainsi, de janvier à fin mars le nombre de prêts immobiliers dans le pays a baissé de 30,8 %, et même 35 % pour le seul mois de janvier. Les banques, cyniquement, annoncent que cela ne devrait pas avoir trop de conséquences sur leurs résultats financiers, car elles ont anticipé en augmentant le taux des crédits ; mais elles restent silencieuses sur les conséquences dramatiques que cela devrait avoir sur l'emploi.

Chacun s'attend au pire dans la prochaine période. Ainsi le journal économique Les Échos rend-il compte de la bizarre et soudaine baisse de 18 % du nombre des plans de sauvegarde de l'emploi, les PSE (les plans de licenciements collectifs de plus de neuf salariés), pour les deux premiers mois de l'année, alors qu'aucune amélioration économique n'a été enregistrée. Tout laisse à penser que nombre de ces plans ont été mis en réserve sur demande du gouvernement, mais risquent de très vite ressortir du placard.

Pour se préserver de la catastrophe qui s'annonce, le monde du travail doit avoir sa réponse et ses revendications. Plus que jamais, il faut se préparer à imposer l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous les bras disponibles, avec la garantie d'obtenir et de conserver un salaire correct. Et puis il faut en finir avec ces projets dont le secret ne vaut que pour les salariés, permettant de préparer tous les mauvais coups en choisissant le moment propice pour les patrons.

Bien sûr, pour peu que Hollande en ait la volonté, rien ne l'empêcherait de promulguer dès le 15 mai un décret interdisant les licenciements et mettant un coup d'arrêt à la vague qui s'annonce. Mais chacun sait qu'il ne le fera pas. Alors « le changement maintenant », ce sera si les travailleurs l'imposent.

Paul SOREL