France Télécom -- Rennes : pour l'embauche des prestataires

22 Mars 2012

Le groupe France Télécom utilise des salariés en sous-traitance pour éviter d'embaucher. Ces ingénieurs ou techniciens travaillent dans le cadre de contrats de mission qui sont renouvelés -- ou pas -- selon les besoins. France Télécom fait pression sur les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) qui emploient ces travailleurs pour avoir les prix les plus bas et cela se répercute sur leurs salaires et leurs conditions de travail.

Dans la zone Atalante de Rennes, qui sert de vitrine pour vanter le soi-disant dynamisme de l'emploi dans les hautes technologies, environ 2 000 salariés sont employés directement par France Télécom. Au moins autant, répartis dans plus de 50 sociétés de services, travaillent comme prestataires pour le même groupe !

Il y a deux ans, les salariés d'Equant (filiale de France Télécom) et les prestataires avaient contraint leur direction à embaucher 150 d'entre eux. L'inspection du travail avait identifié les méthodes des patrons de la zone Atalante comme s'apparentant au délit de marchandage, c'est-à-dire au prêt de main-d'oeuvre illégal.

Aujourd'hui, France Télécom a mis en place des artifices pour mieux dissimuler le travail des prestataires. Ceux-ci sont changés de mission tous les 18 mois, quitte à revenir sur une mission précédente ! Des instructions ont été données aux chefs pour que les prestataires fréquentent le moins possible les locaux du groupe et ne viennent sur place que deux ou trois jours par semaine. Ces méthodes, qui compliquent le travail d'une façon absurde, montrent aussi le mépris des dirigeants et de la hiérarchie envers des salariés qui travaillent ensemble. À leurs yeux, les salariés prestataires sont une main-d'oeuvre jetable qui a juste le tort de ne pas être complètement transparente !

Une pétition demandant l'embauche dans France Télécom de tous les prestataires qui le souhaitent a recueilli 1 300 signatures. Environ 200 salariés de tous statuts ont participé au rassemblement organisé le jeudi 15 mars. Ils ont ensuite défilé dans les bâtiments de France Télécom et des SSII jusqu'à la direction régionale de France Télécom, au cri de « Halte à la précarité, embauche des prestataires ». La directrice a fait semblant de découvrir la situation, et les a renvoyés vers d'autres responsables, espérant sans doute enterrer l'affaire.

Mais personne n'est dupe. Cette manifestation a contribué à donner le moral aux travailleurs pour approfondir et étendre la mobilisation. Rendez-vous est pris pour aller demander collectivement des comptes aux dirigeants dans deux semaines. Les patrons de France Télécom et ceux des SSII ne pourraient pas faire rentrer leurs profits sans le travail de tous leurs travailleurs, quel que soit leur statut. Et avec 3,8 milliards d'euros de bénéfices en 2011, France Télécom a largement de quoi embaucher !

Correspondant LO