Suppression de la taxe professionnelle : Hollande approuve Sarkozy

14 Mars 2012

Interrogé le 7 mars sur Europe 1, François Hollande a annoncé que, s'il était élu, il ne rétablirait pas la taxe professionnelle. La suppression de cette taxe, acquittée par les entreprises, et son remplacement par une « contribution économique territoriale » en 2009 par Sarkozy, s'est traduite pour les entreprises par une réduction d'impôt de 31 % en moyenne, pouvant atteindre jusqu'à 70 % dans certains cas. Montant de ce cadeau au patronat : 7,7 milliards d'euros la première année, en 2010, et 4,8 milliards d'euros chaque année ensuite. C'est ce que la réforme va coûter au budget de l'État, c'est-à-dire aux contribuables. « Cette réforme de la taxe professionnelle a pu avoir des effets positifs sur un certain nombre d'entreprises », a commenté Hollande. C'est le moins qu'on puisse dire. Il ne la remettra donc pas en cause s'il est élu. De ce point de vue, Hollande annonce la couleur.

Il faut dire que le Parti socialiste est expert en la matière. C'est un gouvernement de gauche, celui de Jospin, qui avait ouvert le bal des réformes de la taxe professionnelle avantageuses pour le patronat, en 1999. Il avait alors retiré de l'assiette de cet impôt la masse salariale payée par les entreprises. Le prétexte était déjà d'« alléger le coût du travail ». Cette réforme avait rapporté au total 27 milliards d'euros de baisse d'impôt au patronat. Ce n'était qu'un début, mais un bon début pour celui-ci.

Jean-Jacques LAMY