L'eau ou comment faire de l'or

14 Mars 2012

Le prix de l'eau a augmenté de 57 % en France depuis 1994 et parfois ouvrir le robinet devient un luxe. D'après le journal Le Parisien, deux millions de foyers incapables de régler leurs factures seraient menacés de se voir couper l'eau. Mais si une telle situation existe, c'est d'abord et avant tout parce que la distribution de l'eau est contrôlée très étroitement par des trusts, dont Suez environnement, Veolia et la Saur, surnommés « les trois soeurs », qui ont une situation de quasi-monopole sur le marché.

Qui dit monopole privé dit bien sûr prix les plus élevés possible. Ainsi le tarif moyen du mètre cube d'eau est de 3,09 euros dans le pays, mais il peut monter jusqu'à 7,50 euros en Bretagne, quand en région parisienne la moyenne est de 2,89 euros. Et au niveau de cette région la disparité de prix est grande entre les habitants de la Seine-Saint-Denis, qui payent le mètre cube 4,39 euros en moyenne, et les Parisiens, 2,89 euros. Les compagnies avancent des arguments techniques pour justifier ces différences, mais l'association UFC-Que Choisir estime que le prix de l'eau est en moyenne plus élevé d'environ 20 % dans les villes où sa gestion est privée par rapport à celles où elle est en régie publique.

L'opacité ne s'arrête pas aux prix pratiqués par les « trois soeurs » : le 18 janvier, la Commission européenne a engagé des poursuites contre elles, les soupçonnant d'entente et de formation d'un véritable cartel de l'eau pour fixer les prix.

Ainsi, pour que les trusts de l'eau continuent à faire des superprofits, des familles sont de plus en plus ponctionnées sur leur maigre budget. Les monopoles privés doivent céder la place à un véritable service public de l'eau, contrôlé par la population.

C. D.