Transport aérien : non à la loi antigrève !

01 Février 2012

Les députés viennent d'adopter une loi anti-grève dans l'aérien. Cette loi, voulue par Sarkozy et l'UMP, vise non seulement les personnels navigants (pilotes, hôtesses et stewards), mais tous ceux « qui concourent directement à l'activité de transport aérien de passagers ».

En clair, ce sont tous les travailleurs du secteur, qu'ils travaillent pour les compagnies aériennes, au sol ou dans les avions, ou pour Aéroports de Paris (ADP) ou encore pour leurs multiples sous-traitants, qui sont dans le collimateur de la loi.

Ce que veulent le gouvernement et le patronat du transport aérien, c'est entraver autant que faire se peut l'exercice du droit de grève dans un secteur où, ces derniers mois, la contestation et le mécontentement des travailleurs ont trouvé à s'exprimer d'une façon qui n'est pas passée inaperçue.

Et quand le gouvernement invoque les passagers pris en otages par ces grèves, ce n'est qu'un faux nez. Ce dont il se préoccupe, c'est avant tout des intérêts du patronat, dont celui de l'aérien, sans oublier les intérêts très électoralistes de Sarkozy et des candidats UMP aux législatives. Car, en ajoutant de nouvelles entraves au droit de grève dans l'aérien -- obligation d'une déclaration individuelle auprès de son employeur 48 heures à l'avance pour tout travailleur voulant faire grève --, on ne fera pas décoller plus d'avions, mais on comble d'aise la fraction réactionnaire de l'électorat, celle qui enrage dès que les travailleurs se défendent en arrêtant le travail.

Pour l'heure, la loi doit encore passer devant le Sénat, où l'on verra bien comment sa majorité de gauche et à direction PS réagira.

Mais, sans attendre, les salariés de tout le secteur aérien sont appelés à réagir. Chez les navigants, un préavis de grève court pour la période du 6 au 9 février. Parmi le personnel de sûreté, qui se battait massivement pour ses salaires et ses conditions de travail en décembre dernier, des préavis de grève, parfois illimitée, ont été déposés. Dans d'autres professions et secteurs, tenus ou pas à un dépôt de préavis, les salariés sont appelés par tracts et dans des assemblées syndicales d'information à faire grève, comme à ADP Orly, et partout aussi à participer à des rassemblements de protestation, lundi 6 février.

Il faut que le plus possible de travailleurs se mobilisent ce jour-là, sachant que, de toute façon, le Parlement peut bien voter les lois qu'il veut, quand la colère des travailleurs éclate, elle peut balayer les préavis et autres entraves au droit de grève.

Correspondant LO