Sodimédical - Plancy-l'Abbaye (Aube) : un jugement révoltant

01 Février 2012

Mercredi 25 janvier, le ciel est tombé sur la tête des salariés de Sodimédical, une entreprise de matériel médico-chirurgical, lorsqu'ils ont entendu le verdict des Prud'hommes de Troyes. Cela fait plus d'un mois qu'ils attendent que le tribunal oblige Lohmann & Rauscher (L & R) -- Allemagne, le groupe qui contrôle Sodimédical, à verser les salaires, non payés depuis octobre. Le tribunal ne le fera pas.

Pourtant, pendant la séance des Prud'hommes qui s'était tenue début janvier, l'avocat de Sodimédical, avait reconnu qu'il devait payer les salaires et se disait même d'accord avec les montants demandés mais, tout aussi hypocritement, il regrettait de ne pouvoir le faire, les caisses étant vides. L'avocat du groupe L & R, lui, avait osé prétendre qu'il n'est pas co-employeur des salariés de Sodimédical, entreprise qu'il considère comme un simple sous-traitant et non comme une filiale. Il avait même exhorté les juges à se montrer responsables, les enjoignant de ne pas obliger L & R à régler les salaires de Plancy. « Là vous demandez à un groupe austro-allemand de payer pour une entreprise française en faillite. Mais imaginez que ce soit demain un groupe français obligé de payer pour une usine étrangère. »

Le jugement a finalement été rendu le 25 janvier en faveur de L & R, soi-disant faute de preuve que le groupe est co-employeur. 51 salariés se retrouvent aujourd'hui sans aucune indemnité ni même un semblant de plan de licenciement.

Tous ont décidé de faire appel, à Reims.

Correspondant LO