Nathalie Arthaud : une candidate communiste à l'élection présidentielle

01 Février 2012

Les deux hommes politiques entre lesquels se décidera qui sera le prochain président de la République viennent de se succéder à la télévision.

Dimanche soir, c'est le non encore candidat Sarkozy qui a eu droit à plus d'une heure d'antenne. Pour que personne ne risque de le louper, il a réquisitionné huit chaînes de télévision. Si l'approche de l'élection et son bas niveau dans les sondages l'ont poussé à faire mine de se préoccuper des licenciements en cours, l'homme qui a parlé est bien ce représentant cynique des intérêts des plus riches, du grand patronat et des banquiers qu'il a été tout au long de sa présidence. Il a tenu à leur faire cadeau d'une exonération supplémentaire de cotisations patronales, le manque de recettes étant compensé par une augmentation de la TVA. Ainsi, tout en volant aux salariés une fraction de leur salaire -- car les cotisations patronales sont du salaire différé --, on diminue encore leur pouvoir d'achat en augmentant la TVA, l'impôt le plus injuste qui soit.

Trois jours plus tôt, c'est Hollande qui officiait. Mais, comme son rival de droite, il avait à la bouche surtout les mots « entrepreneurs » ou « encouragements à l'investissement », qui ne sont certainement pas destinés à ceux qui n'ont pas de capitaux à investir. Il n'avait en revanche rien à dire aux chômeurs, rien à dire aux retraités pauvres, rien à dire aux salariés qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts ! Son envolée sur la « rigueur », même accouplée au mot « juste », a sonné comme une menace. Et la justice fiscale dont il s'est vanté illustre seulement sa lâcheté devant les riches. C'est bien joli de créer pour les plus riches une nouvelle tranche d'impôt à 45 %. Mais ce taux est inférieur aux 48 % sous Chirac-Raffarin, en 2005, et plus encore aux 60 % sous Giscard ! Le pseudo-socialiste Hollande est plus complaisant avec les riches que ne l'étaient en leur temps ces deux hommes de droite.

Sarkozy et Hollande, chacun à sa manière, comptent gouverner pour les plus riches. Et les challengers à la Bayrou en feront autant, voire pire avec Le Pen.

L'élection présidentielle est ainsi faite que les candidats qui ont une chance de participer au second tour sont passés tout au long de leur carrière par une multitude de filtres imposés par le grand patronat et les banquiers, pour les jauger, pour vérifier leur fidélité à la classe dominante et au système économique capitaliste.

Lutte Ouvrière présente à cette élection une candidate, Nathalie Arthaud, pour que se fasse entendre une voix qui non seulement critique le système capitaliste et ses dégâts, mais qui a pour but le renversement de ce système. Une candidate communiste comme l'était Arlette Laguiller.

Dans cette société divisée entre une minorité de capitalistes, qui monopolisent toutes les richesses et tous les moyens de les produire, et une majorité d'exploités, il est important que ceux qui par leur travail font vivre toute la société, disent leur opposition à la bourgeoisie qui les exploite, qu'ils disent non à un système économique absurde qui sème la misère au milieu de l'abondance et qui étouffe dans sa propre graisse.

Les élections en elles-mêmes ne permettent pas de changer cet état de choses. Pour cela, il faudra de grandes luttes, menées par la majorité exploitée, pour arracher le pouvoir économique et politique à la classe privilégiée, une classe qui, la crise le montre, conduit la société au désastre. Mais les élections permettent au moins de s'exprimer.

Les exploités ne sont toujours pas en situation d'arracher le fouet qui les frappe. Mais ils peuvent refuser d'accorder leur caution aux dirigeants qui le manient pour le compte des exploiteurs.

Voter pour Nathalie Arthaud, ce sera affirmer la dignité du monde du travail contre les privilégiés. Sa campagne visera à populariser des objectifs à imposer pour contrecarrer la volonté de la bourgeoisie de faire payer aux exploités le prix de la crise économique dans ce qu'ils ont de plus précieux : leur emploi et leur pouvoir d'achat.

-- Pour mettre fin au chômage, il faut imposer au grand patronat l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Il faut imposer à l'État l'embauche dans les services publics utiles à toute la population.

-- Il faut imposer l'augmentation de tous les salaires et de toutes les retraites et pensions et en garantir le pouvoir d'achat par leur indexation automatique sur le coût de la vie, mesuré par des représentants de la population.

-- Il faut imposer le contrôle de la population travailleuse sur les entreprises industrielles et bancaires.

Voter pour Nathalie Arthaud, ce sera approuver ces objectifs.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 30 janvier