Les voeux de Sarkozy à l'Outre-mer

01 Février 2012

Dans ses voeux à l'Outre-mer, depuis la Guyane, Sarkozy a cru flatter les peuples des séculaires possessions françaises en citant Césaire : « Nous ne voulons plus donner à personne délégation de penser pour nous. » Il appelle donc les peuples d'Outre-mer à ne compter que sur eux-mêmes, laissant croire qu'ils se complairaient dans « l'assistanat et les subventions », alors qu'en fait ce sont les capitalistes, le grand patronat, que l'État arrose de subventions.

Bref, toujours ce même langage qui sue le paternalisme colonial, dans le même registre des « danseuses de la France, chères à entretenir », comme le disait Giscard.

Et c'est en Guyane que Sarkozy tient de tels propos. En Guyane, où Total vient de découvrir un important gisement de pétrole sous-marin, où les satellites sont projetés dans l'espace avec des milliards d'euros de retombées pour les grandes firmes françaises et européennes comme EADS, Safran, Air Liquide, entre autres. Et il en est de même en Nouvelle-Calédonie où le nickel et le cobalt ont permis à une poignée de capitalistes d'engranger de fabuleux profits. C'est le cas de la filiale du groupe français Eramet, la SLN (Société le Nickel) dont l'actionnaire principal, Duval, est la 23e fortune de France.

Quant au groupe béké martiniquais et guadeloupéen Bernard Hayot, avec un patrimoine de 250 millions d'euros, il doit à ses ancêtres esclavagistes l'accumulation primitive de son capital. Aujourd'hui, il règne sur de nombreuses entreprises dans le monde, en Martinique et Guadeloupe, dont Carrefour. À l'île de La Réunion, le PDG du groupe Bourbon, Jacques de Chateauvieux, est lui aussi parmi les plus fortunés de France avec un capital de 515 millions d'euros. Sur la même île, François Caillé, PDG du groupe du même nom, peut se targuer d'un patrimoine de 80 millions d'euros.

Alors, lorsque Sarkozy déclare aux Guyanais que la République française leur assurera des retombées directes des richesses du pétrole guyanais, il ment, car c'est Total qui décide, et pas lui. Et par ailleurs ce sont tous les revenus des capitalistes des Outre-mers qui devraient revenir aux travailleurs et aux peuples de ces pays, qui ont sué sang et eau depuis des siècles pour remplir les coffres de ces gens-là.

Catherine OLIVIER