Les chiffres du chômage : un fléau dont on connaît les responsables : le patronat et le gouvernement

01 Février 2012

À la fin décembre 2011, 5,2 millions de salariés, toutes catégories confondues, en métropole et dans les départements d'Outre-mer, étaient touchés par le chômage.

Cela représente 18,5 % des 27 millions de salariés du pays, soit près d'un salarié sur cinq. C'est dire que quasiment toutes les familles des milieux populaires ont au moins un des leurs touché par le chômage.

Le mois dernier, rien que sur la seule catégorie retenue par le gouvernement pour évaluer le chômage (qui ne regroupe que 55 % du nombre total des chômeurs), il y a eu 29 700 chômeurs de plus, soit 1 000 de plus par jour.

En décembre, 131 000 salariés en contrat d'intérim ont été jetés à la rue et se sont fait inscrire à Pôle emploi. Pour la plupart, ces nouveaux chômeurs avaient été prévenus le matin même que leur mission se terminait en fin de journée. Le patronat gère ainsi ses flux de travail au jour le jour, sans se soucier des dégâts matériels et moraux que cela entraîne. Et le gouvernement voudrait faire croire qu'il faudrait donner au patronat encore plus de liberté pour gérer les effectifs, le temps de travail et le niveau des salaires !

Et la situation n'est pas près de s'arranger. À Pôle emploi, en sous-effectif permanent pour assurer l'accueil des chômeurs, le nombre total d'emplois disponibles recensés est ridiculement bas. En décembre 2011, à peine 108 000 postes ont été mis à disposition pour une durée supérieure à six mois... pour plus de 5 millions de demandeurs d'emplois inscrits.

Si la situation empire, c'est que patrons et État suppriment à tout va des centaines de milliers d'emplois et qu'on leur laisse toute la liberté de le faire. C'est pour cela qu'il y a eu le mois dernier 455 000 jeunes de moins de 25 ans recensés comme chômeurs et, à l'autre bout, 606 000 chômeurs de plus de 50 ans. C'est pour cela que 66 % des chômeurs sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an.

Contre le chômage, une mesure d'urgence : interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous sans diminution des salaires.

Paul SOREL