Laïcité : le PS ne touchera pas plus aux bénitiers... qu'au grand capital

01 Février 2012

La proposition de Hollande à son meeting du Bourget d'inscrire la laïcité dans la Constitution a fait réagir la droite... et la gauche.

Sarkozy a dénoncé le fait que Hollande veuille mettre un terme au statut particulier de l'Alsace et de la Moselle qui est, selon lui, « hérité d'une histoire douloureuse ». Sarkozy fait mine d'oublier, ou ne sait pas, que le Concordat n'a rien à voir avec la guerre ou l'Occupation, mais qu'il est un reliquat datant de Napoléon 1er ! S'il n'a pas été aboli en Alsace-Moselle, c'est parce que, en 1905, alors que la IIIe République proclamait la séparation de l'Église et de l'État en France, elle ne pouvait pas être appliquée à l'Alsace et à la Moselle, territoires annexés par l'Allemagne après la guerre de 1870.

En Alsace, Philippe Richert, ministre UMP et président de Région, a dénoncé la remise en cause du Concordat. Il a été suivi par Roland Ries, maire PS de Strasbourg. Ce dernier a affirmé à son tour qu'il ne fallait pas toucher à cette particularité locale, relayé par le directeur de campagne de Hollande, Moscovici, pour qui il n'était pas question non plus de remettre en cause la non-séparation de l'Église et de l'État en Alsace-Moselle.

On peut se rassurer du côté des soutanes ! Curés, rabbins et pasteurs seront toujours payés par les impôts de tous, y compris des athées ou des fidèles d'autres cultes non reconnus. Depuis plus d'un siècle, aucun gouvernement de gauche n'a eu le courage politique de mettre fin à ce particularisme d'un autre âge. Et ce n'est pas en 2012 que cela va changer si la gauche gagne.

Étienne HOURDIN