La droite et l'extrême droite draguent les nostalgiques de la colonisation

01 Février 2012

Dimanche 29 janvier à Perpignan, l'électorat pied-noir était courtisé par l'extrême droite et la droite. D'un côté Marine Le Pen rendait un vibrant hommage aux harkis et aux rapatriés d'Algérie ; de l'autre Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants, était venu inaugurer un centre de documentation dédié à la présence des Français en Algérie de 1830 à 1962.

Longuet, l'un des fondateurs en 1963 du mouvement d'extrême droite Occident, était chargé de lire un long message du président de la République devant l'assemblée d'une association de rapatriés d'Algérie. Dans son message, Sarkozy regrettait d'être absent mais tenait à redire sa solidarité pour l'oeuvre de civilisation que les colons français ont apportée en Algérie et à réaffirmer « son opposition à toute forme de repentance. Car les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord pour y travailler et fonder des foyers, loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance ; en développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont oeuvré à la grandeur de la France. »

Message largement applaudi et mission accomplie pour Longuet. En revanche, les cris et sifflets ont fusé lorsqu'il a cité le nom du général de Gaulle.

Mais, ne perdant pas son sang-froid, Longuet a reconquis la salle en entonnant l'un des chants de sa jeunesse : « C'est nous les Africains, qui arrivons de loin, nous venons des colonies, pour sauver la patrie... », le Chant des Africains, que l'armée française faisait chanter aux troupes coloniales et qui est encore un des chants de ralliement des nostalgiques des colonies et de l'Algérie française.

Louis BASTILLE