IBM Sophia-Antipolis -- (Alpes-Maritimes) : les travailleurs ne sont pas des pions

01 Février 2012

Non loin de Nice des entreprises d'informatique sont implantées depuis de nombreuses années. Ainsi IBM a une entreprise à La Gaude depuis plus de quarante ans et une autre, rachetée il y a trois ans, qui compte 80 salariés -- ingénieurs et techniciens à Sophia-Antipolis. IBM veut les regrouper sur un seul site à La Gaude sans tenir compte des travailleurs.

Les deux sites sont distants de 30 kilomètres avec des gros embouteillages aux heures de pointe, et il n'y existe pas de moyen d'échapper à la voiture, car les transports en commun sont quasiment inexistants.

Pour protester contre le projet de déménagement à La Gaude, les salariés de Sophia-Antipolis ont été nombreux à manifester le mardi 17 janvier. Les allées verdoyantes de la technopole de Sophia-Antipolis n'étaient pas habituées à voir défiler des travailleurs avec des banderoles, des pancartes et des drapeaux syndicaux.

Il y a tout juste un an, IBM avait en tête, le projet exactement inverse : transférer les travailleurs de La Gaude à Sophia. Mais IBM avait dû remballer son projet devant le tollé des salariés qui avaient fait grève et manifesté, avec le soutien de la population et des commerçants de La Gaude, inquiets de voir disparaître la seule grande entreprise de leur commune.

Au-delà du problème du déménagement, les travailleurs d'IBM ne sont pas rassurés. À La Gaude, où travaillent encore 600 salariés, il y a eu, au fil des années, de multiples plans « d'amélioration », qui à chaque fois se sont traduits par des suppressions de postes : la direction externalise ou supprime un service. Le salarié doit, soit le suivre à l'autre bout de la France, soit essayer de trouver une autre activité sur le site.

IBM aurait pourtant largement les moyens de garder les deux sites des Alpes-Maritimes et l'ensemble de son personnel. Le travail ne manque pas et l'argent non plus. IBM est un géant de l'informatique et ses profits explosent : 17 milliards de dollars en 2011 ! Les revenus des dirigeants sont plus que confortables. Par exemple, le PDG d'IBM Monde, Sam Palmisano, vient de quitter l'entreprise avec une prime de 170 millions d'euros.

La manifestation du 17 janvier a été un succès. Une nouvelle manifestation est prévue pour le jeudi 2 février prochain, cette fois-ci à La Gaude. Elle permettra de rassembler l'ensemble du personnel des deux sites et de se faire entendre de la direction : son déménagement, personne n'en veut !

Correspondant LO