Éducation : les enseignants en colère

01 Février 2012

Des milliers d'enseignants ont manifesté dans différentes villes contre les projets du gouvernement. À Paris, la manifestation qui regroupait des cortèges de province et d'Ile-de-France s'ouvrait sur un groupe compact de manifestants dénonçant la suppression des Rased, les réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté. Les manifestants réclamaient « des classes, des heures, l'annulation de toutes les fermetures » d'écoles. D'autres scandaient : « Notation, piège à c... » ou « La place des jeunes, c'est à l'école, pas chez les patrons. »

La réforme Chatel, prévoyant que les chefs d'établissements seront désormais les seuls à noter les professeurs, à la fois mécontente les enseignants des collèges et lycées, embarrasse une partie des chefs d'établissements, et programme la disparition des inspecteurs par discipline, autrefois chargés d'évaluer également les professeurs.

Mais la mesure qui rassemble contre elle les enseignants à la fois du primaire et du secondaire est la suppression de 14 000 postes à la rentrée 2012. Entre 2007 et 2012, on en arrive à un total de 80 000 postes supprimés, alors que le nombre d'élèves a augmenté en 2011 et que le mouvement va se poursuivre en 2012.

Le résultat en est la surcharge des classes, la suppression de certaines options, des quelques dédoublements de cours qui existaient encore. Les lycées professionnels se vident peu à peu et le gouvernement ne jure que par l'apprentissage, au nom de l'efficacité ! Dans le primaire, la suppression des Rased et la diminution de la scolarisation des enfants de moins de trois ans vont toucher particulièrement les élèves en difficulté, alors que l'apprentissage de la langue française, l'acquisition du vocabulaire, de la lecture, sont essentiels dès le plus jeune âge.

Pour le ministre de l'Éducation, l'école doit être gérée comme une entreprise : il faut « optimiser » le mode d'organisation. Le résultat est sans doute une « optimisation » des économies, mais aux dépens des enseignants et des élèves, en particulier de ceux des milieux populaires, où l'école est plus essentielle qu'ailleurs dans l'acquisition de la culture.

Sylvie MARÉCHAL