CHRU Lille : quatre suicides, la direction ne se sent responsable de rien !

01 Février 2012

Au CHRU de Lille, en quelques jours, quatre collègues de l'hôpital Salengro et des Bateliers se sont suicidés. Ils travaillaient dans des services particulièrement difficiles (Neurologie et Gériatrie). Le personnel a été évidemment choqué par ces fins tragiques.

La direction, pour se dédouaner, avance que nos collègues avaient beaucoup de difficultés dans leur vie privée. Mais entre la vie privée et professionnelle, rien n'est étanche, en particulier pour des personnes qui sont en difficulté. L'augmentation démente de l'activité et des actes médicaux aggrave considérablement les conditions de travail et le stress. Le personnel s'épuise avec des horaires qui changent au dernier moment, des jours de repos régulièrement chamboulés et donc des vies perturbées en permanence.

À propos de l'aggravation des conditions de travail, les chiffres du bilan social du CHRU de Lille pour l'année 2010 parlent d'eux-mêmes. Entre 2006 et 2010, alors que l'activité du CHRU a augmenté de près de 20 %, les effectifs n'ont presque pas augmenté, et les 6 % de progression l'ont été essentiellement pour l'ouverture de nouveaux services.

Dans la majorité des services, il y a eu des restructurations et de nombreux départs en retraite non remplacés. Les effectifs se retrouvent sur le fil du rasoir, les séjours des malades sont très raccourcis et les conditions de travail du personnel s'aggravent énormément. Le bilan social du CHRU de Lille rapporte aussi qu'entre 2006 et 2010, il y a eu plus de 50 % d'augmentation des accidents de travail et que le nombre de maladies professionnelles a été multiplié par six.

Cela illustre bien l'augmentation de la souffrance au travail dont le gouvernement et les directions hospitalières sont entièrement responsables.

Correspondant LO