CFA-Les Mouliniers -- Saint-Etienne : l'apprentissage de la colère

01 Février 2012

Au Centre de formation d'apprentis les Mouliniers, à Saint-Etienne, cela fait des années que les conditions de travail se dégradent, pour les enseignants comme pour les apprentis. Par exemple, en coiffure, les produits manquent régulièrement, et en automobile, les élèves attendent toujours des véhicules sur lesquels s'entraîner.

Mardi 24 janvier, la CGT a appelé à un nouveau débrayage. Mais cette fois, les apprentis ont rejoint les enseignants pour exprimer leur colère et ont envahi pendant plus de deux heures, à une cinquantaine, le bureau du directeur. Ils ont dénoncé par exemple les absences de professeurs non remplacés, et exprimaient leur sentiment d'être considérés comme des sous-élèves. Le directeur a tenté en vain le mépris et l'intimidation, appelant même un huissier.

Le lendemain, la frayeur passée, il s'est répandu dans la presse locale, dénonçant la manipulation des apprentis par la CGT. Le président de la chambre de commerce, qui gère le CFA, a même menacé l'établissement de fermeture tant que le « problème » d'un militant CGT combatif « ne serait pas réglé ».

La direction veut, en fait, s'en prendre aux prétendus avantages des salariés, moins mal traités jusqu'à récemment que dans d'autres CFA. En 2009, elle a dénoncé les accords d'établissements et, depuis octobre 2011, c'est le code du travail qui s'applique, c'est-à-dire le strict minimum. Par ailleurs, le CFA a tenté deux plans de licenciements, que la mobilisation des salariés a fait en grande partie échouer. Les salariés craignent maintenant un nouveau plan, mais ils restent déterminés à le refuser malgré le chantage et l'intimidation. Et maintenant, les apprentis ont aussi leur mot à dire.

Comme quoi, au CFA, on n'apprend pas seulement un métier, on apprend aussi la lutte sociale.

Correspondant LO