Biocarburants : ils nous font les cuves

01 Février 2012

Une étude de la Cour des comptes, parue le 24 janvier, a montré que les biocarburants, s'ils n'ont pas un effet très probant sur la protection de l'environnement, ont eu en revanche un effet tout à fait palpable sur les porte-monnaie des consommateurs et des gros agriculteurs.

Depuis plusieurs années, les biocarburants sont vendus sous deux formes après mélange avec les hydrocarbures : le biodiesel, qui est produit à partir du colza ou du tournesol en addition au gazole, et le bioéthanol, à base de betterave et de céréales, et qui est mélangé à l'essence.

Mais comme ces deux biocarburants ont tous deux une densité énergétique moindre que celle des carburants traditionnels, cela implique un surcoût de consommation. Les automobilistes sont ainsi obligés de mettre un peu plus de carburant pour parcourir la même distance. Au final, le surcoût pour un plein de 50 litres d'essence sans-plomb est de 2,30 euros et de 60 centimes pour la même quantité de gazole.

Plus de deux milliards et demi d'euros ont ainsi été empochés par les filières des biocarburants entre 2005 et 2010, dont le rapport nous apprend au passage qu'elles n'ont investi que 1,5 milliard, et 2,77 milliards ont été payés par les consommateurs sur la même période. Un montant tellement important qu'il a été qualifié par la Cour des comptes, de « nouvel impôt » payé par le consommateur, « qui a été le financeur de cette politique sans qu'on lui dise ».

La Cour a par conséquent demandé aux industriels de la filière de « satisfaire aux exigences de transparence », ce qui, si on prend cette préconisation au sérieux, signifierait d'imposer l'ouverture des livres de comptes des producteurs de biocarburants et des distributeurs.

David MARCIL