Belgique : grève générale, un avant-goût de la lutte qu'il faut préparer

01 Février 2012

Les chefs d'État ont dû atterrir sur un aéroport militaire en rase campagne, pour se rendre au sommet européen du 30 janvier à Bruxelles. L'aéroport de Bruxelles ainsi que le réseau ferroviaire étaient paralysés par la journée de grève générale décrétée par les directions syndicales contre la politique d'austérité du gouvernement. Un avant-goût des difficultés qui attendent les dirigeants du monde capitaliste, le jour où la classe ouvrière se décidera à entrer vraiment en lutte.

Les directions syndicales avaient pris des précautions pour que cette journée de grève donne le moins d'occasions possible pour les travailleurs de se sentir forts ou de se faire entendre. Les grévistes étaient appelés à rester chez eux, et non à participer activement à une grève.

La plupart des piquets de grève étaient tenus par les mandatés syndicaux, soutenus par des militants. Dans les grandes entreprises, telles qu'Audi à Bruxelles ou Caterpillar à Charleroi, où le taux de syndicalisation approche les 100 %, quasiment personne ne s'est présenté pour travailler. Il n'en était pas de même dans les zones industrielles, où des militants syndicaux, parfois venus d'ailleurs, bloquaient les entrées. La pression patronale y était forte et les militants souvent exposés à l'impatience, voire l'hostilité de cadres, de petits patrons, mais aussi de travailleurs du rang simplement pas convaincus de la grève.

Dans une usine de chimie dans la région de Bruxelles, où aucun mot d'ordre de grève n'avait été donné, les travailleurs étaient à leurs postes, tandis que le délégué principal était parti renforcer un piquet devant une autre entreprise du secteur.

Dans les quelques piquets où des travailleurs du rang étaient présents, comme dans le port d'Anvers complètement paralysé, où chez Autovision, sous-traitant d'Audi à Bruxelles, les discussions tournaient autour des problèmes des travailleurs : salaires en décalage complet avec les loyers, les prix qui augmentent, cette dette qu'on demande aux travailleurs de rembourser, mais qui n'a profité qu'aux riches, la menace du chômage, les difficultés des jeunes, les mesures sur les pensions qui sont déjà passées et qu'on ne fera pas annuler avec une seule journée de grève... Quand le permanent syndical passait au piquet, il parlait, lui, des patrons et du gouvernement qui ne respectent pas la concertation sociale, mais plus rarement des salaires, des licenciements ou des impôts ridiculement bas des entreprises et des grandes fortunes.

Les dirigeants syndicaux qui s'exprimaient sur les différents plateaux de télévision mettaient en avant des « solutions crédibles », tel « un plan pour la relance ou la création d'emplois », et des « euro-obligations » comme « solution à la crise de la dette »...

Le patronat prétend tenir lui aussi à la concertation sociale... mais pratique le contraire ! Et de nouvelles mesures d'austérité sont déjà en vue. Les organisations patronales, épaulées par l'Union européenne et le FMI, pèsent en commun notamment pour mettre fin à ce qui reste de l'indexation des salaires.

C'est le patronat qui va pousser la classe ouvrière belge à avoir recours pour de bon à la grève générale, pour mettre un coup d'arrêt aux attaques contre elle et pour faire prévaloir ses propres revendications.

Correspondant LO