Un système incapable de satisfaire un besoin de base  : manger à sa faim

20 Janvier 2012

Une équipe de chercheurs vient de publier une étude sur l'insécurité alimentaire en région parisienne, basée sur un questionnaire auquel ont répondu 3 000 ménages. Selon la définition des chercheurs, « l'insécurité alimentaire est la situation dans laquelle la possibilité de s'approvisionner en nourriture suffisante et adéquate d'un point de vue nutritionnel et de façon socialement acceptable (sans recours à la mendicité, au vol ou à des dons et des aides alimentaires) est limitée ou incertaine ».

C'est ainsi qu'ils ont observé que 6,3 % des ménages habitant Paris et la petite couronne avaient souffert d'insécurité alimentaire au cours des douze mois précédant l'étude, en 2009-2010. Cela correspond à 326 000 adultes, sans compter les enfants qui vivent avec eux et qui sont probablement en grand nombre puisque les foyers avec enfants sont les plus touchés. Sans surprise, les ouvriers et employés sont les plus touchés par ce fléau qui rime avec pauvreté et chômage. Parmi eux, les chercheurs estiment, toujours sur la seule agglomération parisienne, le nombre des adultes qui ont souffert d'insécurité alimentaire sévère à 126 000. Un chiffre d'autant plus révoltant qu'on peut être certain qu'avec la crise la situation ne s'est pas améliorée ces deux dernières années, au contraire.

Ainsi, pendant que les milliardaires s'enrichissent avec le soutien de l'État, une partie des classes populaires d'une région riche comme la région parisienne ne mange pas à sa faim, saute des repas et ne sait pas avec quel argent acheter de la nourriture pour le lendemain.

Lucien DÉTROIT