Scandale à l'IGS : les policiers du pouvoir

20 Janvier 2012

D'après des révélations du journal Le Monde, l'IGS (Inspection générale des services) aurait en 2007 volontairement truqué une enquête afin de nuire à des fonctionnaires de police dont deux étaient proches du Parti socialiste.

Dans cette enquête qui portait sur un supposé trafic de titres de séjour, des PV auraient été truqués, des comptes rendus d'écoutes téléphoniques modifiés et des pressions exercées sur des témoins.

Yannick Blanc, un proche de Ségolène Royal alors candidate aux présidentielles, fut ainsi mis en cause et limogé par Sarkozy de son poste de directeur de la police générale à la Préfecture de police de Paris. Un autre policier, Christian Massard, ancien officier de sécurité de Daniel Vaillant qui fut ministre socialiste de l'Intérieur, fut aussi mis en examen. Mais finalement l'enquête n'a pas permis de mettre en évidence la réalité du trafic de titres de séjour. En janvier 2011 les charges ont été abandonnées contre les policiers soupçonnés.

Interpellé au Parlement par un député socialiste, le ministre de l'Intérieur Guéant a expliqué que les affectations des hauts fonctionnaires sont à la discrétion du gouvernement et qu'il n'y a donc même pas besoin de manipuler une enquête pour se débarrasser d'un d'entre eux qui n'aurait plus les faveurs du pouvoir. Une façon de rappeler que le ministre de l'Intérieur est toujours le premier flic de France... comme le disait Clemenceau.

Alors finalement cette affaire confirme que l'IGS, appelée aussi « la police des polices » car elle est censée enquêter sur ce qui se passe dans les autres services, reste aux ordres du pouvoir, comme toutes les polices, et aussi peu contrôlable, même si officiellement elle est sous l'autorité du Parquet. On retrouve toujours à sa tête des hommes proches du pouvoir en place, comme Eric Meillant nommé en 2003 à la tête de l'IGS par Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et proche collaborateur de Guéant, l'actuel ministre de l'Intérieur...

Cédric DUVAL