Quatre ans après, procès de sept policiers : Hakim Ajimi, mort lors d'une interpellation

20 Janvier 2012

Lundi 16 janvier s'est ouvert au tribunal correctionnel de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, le procès de sept policiers responsables de la mort du jeune Tunisien de 22 ans Hakim Ajimi, suite à sa violente interpellation.

Plusieurs rassemblements en mémoire de Hakim et en soutien à ses proches ont eu lieu avant ce procès, qui arrive quatre ans après les faits et malgré un non-lieu décidé par les juges d'instruction en 2010.

Le 9 mai 2008, alors qu'il rentrait chez lui après une altercation avec son banquier, Hakim Ajimi avait été interpellé par deux policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité). Comme il résistait, il avait été menotté aux pieds et aux mains et mis à terre, face au sol. Comme si cela ne suffisait pas, un policier lui avait alors pratiqué une clef d'étranglement tandis que l'autre s'était assis sur le dos du jeune homme. L'expertise médicale avait conclu à une « asphyxie mécanique lente due à une privation d'oxygène par la compression thoracique, potentialisée par la clef d'étranglement ». Les autres policiers poursuivis avaient embarqué sans ménagement Hakim, inconscient ou déjà mort, dans le véhicule de Police-secours pour le commissariat.

Deux policiers de la BAC sont poursuivis pour homicide involontaire, les cinq autres policiers pour non-assistance à personne en danger. La plupart sont encore en service à Grasse. Leur défense a fait citer à la barre leurs supérieurs hiérarchiques, qui sont venus vanter leurs qualités professionnelles, affirmer que l'interpellation était légitime. Ils « n'ont fait qu'appliquer ce qu'on leur apprend à l'école de la police », a même rajouté l'un des avocats !

Le procès doit se terminer vendredi 20 janvier et le collectif Vérité et justice pour Hakim Ajimi de Grasse appelle d'ores et déjà à se mobiliser ce jour-là. La mort de Hakim ne doit pas rester impunie.

Louis BASTILLE