Nigeria : la grève générale a fait reculer le régime

20 Janvier 2012

Au Nigeria, les syndicats ont annoncé lundi 16 janvier la suspension de la grève générale, après que le gouvernement a annoncé une baisse du prix de l'essence.

La grève avait débuté le 9 janvier pour protester contre le doublement du prix de l'essence intervenu en début d'année, conséquence de l'arrêt des subventions versées pour les carburants. Le prix du litre d'essence à la pompe était alors passé de 65 à 140 nairas du jour au lendemain, soit de 0,40 à 0,94 dollar, la hausse des carburants se répercutant aussi sur le prix des marchandises. Dans un pays où la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour, cette attaque brutale contre ses conditions d'existence a provoqué la colère.

La grève générale a forcé le président Goodluck Jonathan à reculer et à baisser à 97 nairas (0,65 dollar) le prix de l'essence. C'est une première victoire pour la population, arrachée par la grève et les manifestations de rue. Cependant le président n'est pas revenu sur la totalité de l'augmentation du carburant. De même, il veut poursuivre l'arrêt des subventions, ce qui lui permettrait d'économiser quelque 8 milliards de dollars destinés, prétend-il, à moderniser les infrastructures du pays.

Alors même qu'il reculait, le pouvoir nigérian a cherché à intimider la population en mettant en place un dispositif policier et militaire à Lagos, la capitale économique du pays. Lundi 16 janvier, la police dispersait une manifestation, effectuait un raid dans les locaux de la chaîne de télévision CNN et annonçait que tout manifestant ou quiconque appelant à un changement de régime serait arrêté et poursuivi en justice. Si cet étalage de force montre une chose, c'est combien le régime craint que la colère de la population ne reparte de plus belle.

Marianne LAMIRAL