L'or noir plombe le budget des travailleurs

20 Janvier 2012

Le prix des carburants atteint des sommets inconnus depuis 2008. Les commentaires évoquent dans le désordre : le prix du baril de brut récemment monté à 115 dollars, les menaces qui seraient liées à l'attitude des gouvernements iranien ou nigérian, la baisse de l'euro et donc l'alourdissement du prix converti du dollar. L'an dernier, si l'on se souvient, on entendait aussi parler de l'hiver précoce...

Tant pis pour ceux qui ne peuvent éviter de prendre leur véhicule pour se rendre au travail ou faire des courses : le poids de ce poste dans leurs dépenses s'est envolé en 2011 plus encore qu'en 2010. Sur une hausse des prix officielle de 2,5 % sur l'année, celle des produits pétroliers représente à elle seule 11,7 %.

Le ministre de l'Économie Baroin a généreusement annoncé, le 16 janvier sur M6, qu'il ne proposerait pas d'augmenter les taxes sur les carburants dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. C'eût été en effet un peu fort alors que les taxes, dont la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques qui succède à la TIPP, ont pesé sur chaque litre de super consommé en 2011 pour une moyenne de 85 centimes.

À cette ponction, qui a rapporté 14 milliards d'euros d'impôts à l'État, s'ajouteront les quelque 12 milliards de profits engrangés par Total en 2011, à la suite de ses 10 milliards de 2010. Entre le tribut direct aux capitalistes et les prélèvements de l'État, le carburant permet un véritable racket sur les salaires et les pensions qui, au contraire des prix, sont totalement bloqués. Une raison de plus pour exiger leur indexation.

Viviane LAFONT