Le Samu social débordé

20 Janvier 2012

Au mois de décembre, parmi les personnes demandant un hébergement d'urgence au Samu social en téléphonant au 115, une sur deux ne l'a pas obtenu. La situation est encore plus dramatique pour les couples avec enfants et les étrangers. Dans certains départements comme la Loire ou le Rhône, neuf appels sur dix n'aboutissent pas.

Paradoxalement, les températures clémentes expliqueraient en partie cette situation. Les pouvoirs publics n'ouvrent certaines places d'hébergement que lors des périodes de grands froids. Mais cette situation résulte avant tout du nombre croissant de personnes qui n'ont plus les moyens de se loger dans les conditions normales.

Loin de chercher à résoudre ce problème, le gouvernement l'aggrave en diminuant les moyens alloués à l'aide d'urgence. Xavier Emmanuelli, fondateur et président du Samu social, a démissionné de son poste au mois d'août dernier pour protester contre la baisse de la subvention de l'État. Mais les ministres continuent à faire des promesses en l'air, comme le secrétaire d'État au logement, Benoist Apparu, qui avait assuré le 1er décembre que tous les sans-abri qui appelleraient se verraient proposer une place.

Le gouvernement avait su, en quelques jours, trouver des centaines de milliards pour les banquiers. Mais s'occuper de l'hébergement des SDF n'est pas sa priorité.

Jean POLLUS