Aide à domicile Pyrénées-Orientales : une situation peu brillante pour les travailleurs

20 Janvier 2012

Les conditions d'emploi et de travail dans le secteur de l'aide à domicile se dégradent.

La pression est constante pour rogner sur les « frais », notamment les frais de déplacement, importants dans le métier puisqu'il s'agit d'aller visiter les personnes. Cela concerne aussi les frais de formation, considérés de plus en plus comme une charge inutile malgré le discours sur la « professionnalisation » du métier.

L'équilibre financier des structures associatives qui souvent sont en charge de l'aide à domicile est précaire, avec un financement par la CNAF, le Conseil général et l'État et avec une participation des bénéficiaires. La pression est constante et croissante sur les salaires. Les financeurs suggèrent d'ailleurs aux associations d'embaucher plutôt des contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE), c'est-à-dire des CDD de six mois à deux ans, pour de 20 à 35 heures hebdomadaires, rémunérés au smic horaire et qui surtout donnent lieu à une aide de l'État pouvant atteindre 95 % du taux brut du smic par heure travaillée, ainsi qu'à une exonération de cotisations sociales patronales.

De plus en plus, il faut « faire du chiffre », au nom de ce qu'on appelle maintenant une « dynamique d'entreprise », ce qui conduit parfois à des choses aussi aberrantes que : dix-huit jours de travail sans coupure pour une salariée, ou des propositions d'interventions limitées à 1/2 heure, voire 1/4 d'heure, pour voir plus de monde dans le même laps de temps.

Lors d'une récente table ronde, la Direction départementale du travail et de l'emploi (la Directe comme on dit maintenant) s'est dite étonnée du nombre d'ex-demandeurs d'emploi qui commencent un travail dans l'aide à domicile et renoncent, retournant donc grossir les rangs de Pôle emploi. Elle s'est sentie obligée de reconnaître que ce sont les conditions de travail, conditions salariales pour l'essentiel, qui expliquent cette « désertion », malgré le chômage massif.

Heureusement, face à cette situation, des travailleurs du secteur commencent à s'organiser. Les militants syndicaux sont sollicités pour connaître les droits existants, des informations et des idées circulent, même si ça ne plaît pas à tout le monde : certaines directions d'association évitent ainsi d'organiser des réunions ou des formations qui mettraient en contact leurs salariés avec des idées jugées sans doute « peu constructives ». L'idée que la résistance et la riposte s'organisent n'en fait pas moins son chemin.

Correspondant LO