Un magasin Ed condamné : non au travail obligatoire le dimanche !

07 Octobre 2011

Ed, qui appartient au groupe Dia, encore récemment une filiale de Carrefour, a été condamné par le tribunal des prud'hommes de Créteil pour avoir licencié en 2009 trois salariés de son magasin d'Oyonnax (Ain) qui refusaient de travailler le dimanche. Il devra verser 40 000 euros de dommages et intérêts à chacun d'entre eux.

En juin 2009, ces trois salariés avaient été licenciés pour « non-respect des horaires planifiés et insubordination » sous prétexte qu'ils avaient refusé d'effectuer les horaires demandés par le patron ; des horaires particuliers puisque seulement trois mois auparavant la direction du magasin avait décidé d'ouvrir le dimanche matin. Ces salariés travaillaient déjà le samedi et le travail du dimanche n'était pas prévu dans leur contrat. Ils avaient donc à juste titre refusé.

Au début de l'été, c'est l'hypermarché Auchan de Perpignan qui avait été condamné par le tribunal de grande instance de la ville pour avoir tenté l'ouverture de son magasin le dimanche, jugement assorti d'une astreinte de 100 000 euros par jour d'ouverture. Les syndicats avaient attaqué cette pratique du géant de la distribution -- qui appartient à la famille Mulliez, une des plus grandes fortunes de France -- en mettant en avant son illégalité puisque le magasin n'est pas situé dans une zone classée comme touristique ou dans un périmètre d'usage de consommation exceptionnel (Puce), comme les définit la loi Mallié d'août 2009.

De plus en plus nombreuses sont les enseignes de la distribution, moyennes et grandes, qui remettent en cause les repos des dimanches et jours fériés, en s'appuyant sur cette loi Mallié ou en passant outre, utilisant alors les pressions et menaces de licenciement. Mais ces ouvertures se font au détriment de la vie familiale et sociale des salariés. Elles signifient plus de fatigue, pour une rémunération, de plus, dérisoire.

Nombre de travailleurs tentent en tout cas de résister à ces pressions, comme ces salariées du Ed d'Albertville (Savoie) qui se mettent en grève chaque dimanche travaillé et fêteront le 25 septembre leur 100ème journée de grève.

Les décisions de justice, comme celle condamnant le magasin Ed d'Oyonnax, ne règlent certes pas les problèmes, les salariés ont malgré tout été licenciés. Mais pour ceux qui n'acceptent pas d'être les esclaves des géants de la distribution, c'est un pas dans la reconnaissance de leurs droits.

Aline RETESSE