Sarkozy et son « grand emprunt » : encore et toujours plus de milliards pour les capitalistes

29 Juin 2011

Sarkozy a tenu lundi 27 juin la quatrième conférence de presse de son mandat, consacrée pour l'essentiel au bilan de sa politique économique et annonçant un effort supplémentaire sur le grand emprunt qu'il avait lancé il y a deux ans.

Comme le soulignait le journal économique La Tribune : Sarkozy « a en outre espéré que ces 35 milliards d'euros investis (du grand emprunt de 2009) deviennent 60 à 65 milliards grâce au cofinancement des entreprises et des collectivités locales ». Les entreprises ne sont citées là que pour le décor autour de l'annonce de la volonté de piller encore un peu plus les caisses publiques à leur profit.

Les 35 milliards annoncés ont servi à remplir les caisses des entreprises et d'abord des plus grosses. Plus de la moitié des 20 milliards officiellement engagés l'ont été pour l'aide à la recherche. Naïvement, certains pourraient croire qu'ainsi le gouvernement a répondu aux manifestations massives des chercheurs en 2009 et 2010, face à la démolition des centres de recherche universitaires. Pas du tout : le nombre de chercheurs a continué à diminuer, les programmes de recherche vitaux, entre autres pour la Santé, ont été mis de côté. Ceux qui ont encaissé l'argent, ce sont les entreprises sous forme d'aides directes, ou bien les centres de recherche publics auxquels ces mêmes entreprises ont délégué le soin et la charge financière de faire les recherches qui leur étaient utiles pour garantir leur production et leurs profits.

La Cour des comptes, peu suspecte d'opposition révolutionnaire, a établi que l'essentiel des aides à la recherche était capté en réalité par un tout petit nombre de très grandes entreprises.

Mais pour mener une telle politique, Sarkozy n'est pas seul. Toute la gauche lui dispute, chacun à sa manière, le rôle de meilleur distributeur de milliards aux capitalistes. Ce qu'ont reproché les porte-parole du PS à Sarkozy après son intervention n'est pas de dilapider l'argent public au profit des entreprises, et donc des actionnaires, argent avec lequel ils ne se gênent pas pour spéculer. Non, au contraire, c'est de ne pas en avoir donné assez.

Ainsi, à la suite de cette conférence de presse, Bertrand Monthalubert, chargé de ces questions à la direction nationale du PS, a fait ce commentaire : « La première manipulation c'est le montant annoncé : 35 milliards d'euros... Mais il y a une véritable entourloupe : cet argent pour l'essentiel ne peut pas être dépensé. » Et de conclure : « Le bilan du grand emprunt est donc sombre. Et ceci d'autant plus que personne ne sait quelles sommes vont réellement être débloquées d'ici à l'élection présidentielle. C'est une vraie fuite en avant pour éviter de dépenser l'argent public et distribuer des sommes qui seront à la charge du gouvernement suivant. »

À cela il faut ajouter la mesure centrale du programme du PS, défendue il y a quelques semaines par Martine Aubry : la promesse (celle qui risque le plus d'être tenue) de la mise sur pied d'un fonds public largement doté pour aider les entreprises. Histoire de faire saliver les patrons.

C'est dire s'il n'y a rien à attendre de cette concurrence-là. Les milliards distribués aux patrons n'ont jamais été une solution aux problèmes de la population travailleuse, au contraire ils en sont pour une bonne part la source.

Paul SOREL