Hôpital Henry-Gabrielle -- Hospices civils de Lyon : les soignants s'opposent aux mesures de la direction

29 Juin 2011

La direction d'Henry-Gabrielle, un hôpital lyonnais spécialisé dans les soins de suite de rééducation, vient de se heurter à la colère du personnel soignant. Sous prétexte qu'elle ne trouve pas de personnel infirmier pour rouvrir un service -- fermé précédemment pour manque de personnel ! -- elle veut tout bonnement le prendre sur les autres services. Pour ce faire elle enlèverait une infirmière dans chaque unité.

Après une première tentative, elle avait dû reculer devant la mobilisation du personnel. Il n'était pas question de se retrouver à six infirmières seulement pour vingt-cinq patients lourdement handicapés. La direction et les médecins, reconnaissant la difficulté de prendre en charge les malades, qui sont souvent tétraplégiques, proposaient de les « panacher » en prenant un patient lourdement handicapé pour deux patients l'étant moins.

Le personnel avait été très choqué par cette proposition de trier ainsi les entrées. Et que devenaient les autres patients qui attendent leur rééducation ? Les cliniques privées refusent ce type de patients dont la prise en charge est trop lourde, et donc pas rentable pour ces marchands de soins. Le malade allait donc rester dans un lit en service de neurologie sans les soins de rééducation appropriés.

La direction revient donc à la charge, prête à passer en force, annonçant l'application des premières mesures dès septembre.

La riposte ne s'est pas fait attendre. Les équipes de soins ont débrayé, se réunissant devant le lieu d'une réunion de présentation du projet organisée par la direction. Les grévistes en ont profité pour établir un cahier de revendications, réclamant le maintien des postes infirmiers et des effectifs suffisants pour tenir compte des remplacements et assurer un bon accueil de tous les malades. Ils ont installé des banderoles à l'entrée de l'hôpital : « Non à la braderie des postes infirmiers », « Pas de quotas d'admission. »

Dans les hôpitaux de rééducation et suite de soins, la tarification à l'activité va s'appliquer à partir de 2012, et la direction va voir ses budgets de fonctionnement diminuer. Du coup elle cherche des moyens de compenser cette baisse de ressources, en augmentant l'activité sans augmenter les effectifs.

Inutile de dire que la mobilisation du personnel déplaît fortement à la direction. Celle-ci a même le culot de reprocher aux grévistes de faire fuir les infirmières qui voudraient venir sur l'établissement ! Un comble, alors que c'est l'aggravation constante des conditions de travail -- sous-effectif quotidien, retours sur repos, changements de planning incessants -- qui empêche les candidatures et favorise les départs.

En tout cas, face à ces attaques répétées et à la dureté des mesures, tous sont conscients qu'il faudra amplifier la mobilisation. D'autant plus que, derrière la politique de la direction, il y a les directives de l'Agence régionale de santé et plus haut encore du gouvernement.

Correspondant LO