Clermont-Ferrand : les assistantes maternelles mobilisées pour leur salaire et leur emploi

29 Juin 2011

Les assistantes maternelles des crèches familiales de la municipalité de Clermont-Ferrand ont fait deux jours de grève les dernières semaines et se sont invitées au Conseil municipal du vendredi 24 juin afin de dénoncer le nouveau contrat que la mairie veut leur faire signer et qui était voté ce soir-là.

Les 76 salariées concernées ont des contrats de droit privé mais sont rémunérées par la municipalité. Même si elles travaillent huit heures avec des enfants, il faut qu'elles en gardent trois et à temps plein pour que leur salaire corresponde à un smic mensuel. Leur amplitude de travail est modulable et elles ont la responsabilité des enfants. Elles sont jusqu'à maintenant payées au forfait, de sorte que si des parents diminuent le temps de garde, ou si elles se retrouvent avec un enfant en moins, elles ont la garantie de conserver leur salaire à 100 %.

Les crèches familiales fonctionnent avec une subvention de la CAF (Caisse d'allocations familiales). Avec la mise en place de la PSU (prestation de service unique) et l'adaptation aux contraintes des parents, la CAF veut réduire sa subvention en imposant que les assistantes maternelles soient payées à la prestation réelle et non plus au forfait comme c'est le cas actuellement. La conséquence serait des baisses de salaire de 20 % à 50 %, et variables en fonction des demandes des parents.

Sous le prétexte de s'adapter aux besoins des familles qui ont changé leur mode de vie, les élus socialistes de la mairie disent qu'ils ne peuvent pas faire autrement parce que, sinon, la CAF n'accorderait plus sa subvention, et alors toutes les assistantes seraient licenciées. C'est un chantage odieux et inacceptable, une attaque contre le service public, un sacrifice qu'on demande aux assistantes maternelles alors qu'elles ne sont nullement responsables du désengagement de la CAF.

Dans le nouveau contrat proposé, les assistantes maternelles ne connaîtront ni leur temps de travail, ni leur salaire par avance.

Les élus socialistes disent qu'ils n'ont pas le choix, mais comment ces travailleuses vont-elles pouvoir vivre avec des salaires amputés du tiers ou de la moitié ? La seule garantie de salaire minimum proposée est de 260,08 euros mensuels. Comment oser appeler cela un salaire ?

Présentes à la séance du Conseil municipal, les travailleuses ont distribué des tracts à l'extérieur. À l'entrée, elles étaient attendues par deux policiers municipaux qui ont fouillé leurs sacs. Il y a eu plusieurs interventions et un élu de droite a tout justifié, en expliquant qu'on ne pouvait plus payer des salaires fictifs. Seuls Lutte Ouvrière, le NPA et le Parti communiste ont voté contre.

Il y a bien de quoi être scandalisé. L'État cherche tous les moyens de faire des économies et fait les poches des travailleurs les plus pauvres. Et voilà que de telles mesures sont mises en place par les élus socialistes des collectivités territoriales.

Les assistantes maternelles restent mobilisées et savent qu'elles ne peuvent compter que sur leur propre lutte pour obtenir le maintien de leur salaire à 100 %.

Correspondant LO