Cacao : l'art de se sucrer

29 Juin 2011

Pendant que les représentants des vingt pays les plus riches du monde péroraient sur les dangers de la spéculation sur les matières premières alimentaires, le fonds de placements Armajaro tirait son bilan annuel.

Ce fonds a acheté l'an passé 240 100 tonnes de cacao, soit 6 à 7 % de la production mondiale, ainsi que du café et du sucre. Les cours de ces produits ayant fort opportunément grimpé, le chiffre d'affaires d'Armajaro a augmenté de 36 % et son bénéfice a été multiplié par onze.

Pas une cabosse de cacao n'a été récoltée en plus. Pas un ouvrier agricole n'a vu son sort s'améliorer. Pas un sac de produit fini n'a été déplacé, car les fonds spéculatifs ne « travaillent » que virtuellement. Les consommateurs ont payé leur chocolat plus cher. Les investisseurs ont arrondi leur pelote. Le directeur d'Armajaro a doublé son salaire, à 16,7 millions de dollars.

Vous avez dit parasite ?

Paul GALOIS