ArcelorMittal -- Dunkerque : « Faute inexcusable » dans l'utilisation de l'amiante Le patron doit payer !

29 Juin 2011

Mercredi 22 juin, l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante (Ardeva) appelait à une manifestation devant les grands bureaux d'ArcelorMittal-Dunkerque. Elle protestait contre l'appel, engagé par le trust sidérurgique, des condamnations prononcées contre lui par le tribunal de la Sécurité sociale qu'un salarié de l'usine avait saisi.

Ce travailleur a été employé vingt-cinq ans sur le site, du temps où l'usine s'appelait Sollac. Il a eu des plaques pleurales en 2005. En 2009, il a développé une asbestose. Puis dix mois plus tard, un mésiothéliome, cancer spécifique de l'amiante. Par trois fois, il a fait condamner l'entreprise au tribunal des affaires de la Sécurité sociale (Tass) pour faute inexcusable.

ArcelorMittal estime que ces condamnations assorties d'indemnités lui reviendraient trop cher, d'où son appel contre les jugements.

340 maladies professionnelles dues à l'amiante ont été reconnues parmi les salariés de l'usine. 51 travailleurs en sont morts. Plus de 120 fois, le Tass a reconnu la faute inexcusable de l'entreprise. Et ces cas vont encore se multiplier dans les années à venir car les travailleurs de la sidérurgie étaient exposés constamment à l'amiante.

ArcelorMittal se présente toujours comme une « entreprise citoyenne », respectueuse de la « sécurité des travailleurs » et des « droits de l'homme ». Ici, elle montre simplement ce qu'elle est : une froide machine à gagner du fric en empoisonnant les travailleurs, sans vouloir en assumer les conséquences. L'Ardeva demande à ArcelorMittal de renoncer à son appel. C'est bien le moins qu'il devrait faire.

Serge VIARD