Salaires des PDG : Le butin des 40 voleurs

27 Avril 2011

Comme chaque année à la même époque, la presse publie le palmarès des salaires des patrons du CAC 40 pour l'année passée.

Pour 2010, c'est le patron de Michelin, Michel Rollier, qui arrive en tête avec 4,5 millions d'euros, suivi de près par celui de Danone, Franck Riboud, 4,39 millions, et par Bernard Arnault, PDG de LVMH, 3,92 millions. Au total, en 2010 ces 40 patrons se sont partagé 93,3 millions d'euros. Soit l'équivalent du salaire annuel de plus de 6 000 travailleurs payés au smic.

Entre 2009 et 2010, ces 40 patrons ont vu leurs revenus augmenter en moyenne de 24 %. Avec sur ce plan, loin devant, le PDG de Michelin - encore lui - qui a vu ses revenus croître d'une année sur l'autre de 505 %, devant Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, + 104 %, et Pierre André de Chalendar, directeur général de Saint-Gobain, + 90 %. En tout cas, en pleine période de négociations salariales dans les entreprises, c'est bon à savoir : ce n'est pas l'argent qui manque !

Ces chiffres, dans un contexte d'appauvrissement généralisé des classes populaires, sont choquants. Ils ne donnent pourtant qu'une idée approximative de ce que touchent réellement ces grands patrons. Car il y a des à-côtés.

Carlos Ghosn, par exemple, qui se vante d'avoir abandonné ses bonus 2010 pour compenser les dédommagements dûs aux cadres de Renault accusés à tort d'espionnage, figure pour 1,2 million d'euros de revenus seulement dans le palmarès. Mais c'est sans compter la rémunération qu'il touche au titre de la direction de Nissan. En 2009, cette dernière avait atteint le montant annuel de 8 millions d'euros... Et l'on fait grâce du vignoble qu'il possède au Liban, dans la plaine de la Bekaa, et qui produit un vin de renom.

En outre, les chiffres cités par la presse ne prennent en compte ni les stock-options, ni les actions gratuites dont les patrons du CAC 40 ont bénéficié. Ce qui peut leur rapporter gros. Le PDG de Vinci, Xavier Huillard, par exemple, qui affiche 2,2 millions d'euros de revenus en 2010, a gagné aussi - en plus ! - en octobre de la même année 846 000 euros en vendant des stock-options (et encore 635 000 d'euros au début de l'année suivante, en février 2011).

Jean-Jacques LAMY