Tepco, exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima - Un passé de tromperies et de dissimulations

16 Mars 2011

Quel crédit peut-on accorder aux déclarations de la compagnie Tepco, qui exploite la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi endommagée par le tsunami, quand on sait qu'elle a un lourd passé de dissimulation d'incidents et de falsification de rapports ?

Tepco (Tokyo Electric Power) est le plus grand producteur privé mondial d'électricité. Avec ses 17 réacteurs, il fournit près du tiers de l'énergie nucléaire du Japon, alimentant en électricité la région de Tokyo.

En 2002, la compagnie avait fini par admettre, après que des examens faits par des salariés de la General Electric eurent révélé des dysfonctionnements, que dans les années 1980 et 1990 elle avait falsifié 29 rapports d'inspection faisant état de fissures ou de corrosion sur les enveloppes entourant les réacteurs. Elle avait alors été contrainte d'en fermer plusieurs, dans l'attente d'une inspection.

En 2006 et 2007, le gouvernement japonais a relevé de nouvelles falsifications, portant cette fois sur des températures d'eau de refroidissement enregistrées pendant les années 1980.

En juillet 2007, un séisme de magnitude de 6,8 frappait la région où est située la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde, alors que sa construction n'était censée résister qu'à un séisme d'une intensité de 6,5 au maximum. Là encore, la direction de Tepco avait commencé par donner des informations contradictoires et par minimiser l'ampleur des fuites radioactives. À la suite du tremblement de terre de 2007, les réacteurs furent fermés pendant deux ans, pour permettre à la centrale de se conformer aux nouvelles normes antisismiques. Pendant la fermeture, huit incendies se sont déclarés dans différentes unités, ce qui n'a pas empêché les autorités d'accorder l'autorisation de redémarrage.

Maintenant, chaque jour qui passe montre que Tepco n'est plus en mesure de contrôler ce qui se passe dans ses centrales, faisant craindre une catastrophe nucléaire majeure. Il y a tout à craindre quand, aux conséquences de cataclysmes naturels, tels que le tremblement de terre et le tsunami, s'ajoute une négligence concernant la sécurité des centrales qui a déjà fait courir des périls à la population japonaise.

Cela juge un système qui laisse autant de pouvoir de nuisance à ce genre d'irresponsables qui, placés à la tête d'industries dangereuses, se soucient surtout de la rentabilité des capitaux engagés.

Marianne LAMIRAL