Marseille - Reprise du travail des éboueurs

28 Octobre 2010

Il faut que les éboueurs soient en grève pour que l'on se rende compte combien leur travail de tous les jours est fondamental. Ainsi pour les éboueurs de Marseille dont la grève vient de se terminer.

Depuis mardi 12 octobre, les poubelles de douze des seize arrondissements de Marseille n'étaient plus vidées. C'est la communauté urbaine MPM (Marseille Provence Métropole), présidée par un socialiste, Eugène Caselli, qui en a la charge. Les éboueurs et les cantonniers s'étaient mis en grève à l'appel de FO-territoriaux et de l'intersyndicale SDU-FSU, CGT, CFDT, Unsa, pour s'opposer à la loi sur les retraites. Si tous n'étaient pas toujours en grève en même temps, sauf lors des journées de manifestation, les ordures se sont bel et bien accumulées, constituant rapidement des monticules malodorants dispersant leurs éléments et leurs odeurs au gré du mistral.

À plusieurs reprises, les grévistes de l'intersyndicale ont aussi fait le piquet devant le centre de transfert des ordures des Aygalades, ou devant celui de la Capelette, ou les deux. Du coup, après avoir nettoyé les arrondissements qui leur sont dévolus, les éboueurs des sociétés privées, Derichebourg, Bronzo et Nicollin, pour la plupart très opposés eux-mêmes à la réforme des retraites, n'ont pu déverser les déchets de leurs bennes. Ceux de Derichebourg se mettaient d'ailleurs eux aussi en grève le jeudi 21 octobre contre les instructions dangereuses de leur patron : celui-ci voulait leur faire déverser le contenu des bennes directement sur le sol le long du chemin du Littoral, sans qu'elles aient été contrôlées comme elles le sont à l'entrée des centres de transfert pour détecter les détritus dangereux.

Au nom de la santé publique, l'union sacrée a été réalisée entre Jean-Claude Gaudin, sénateur maire UMP, et les élus socialistes, non pas contre la loi sur les retraites, mais contre les grévistes. Jean-Noël Guérini, président PS du Conseil général déclarait dans le journal La Provence du dimanche 24 octobre : « Je ne suis pas un briseur de grève, mais je crains que le combat choisi par certains en prenant en otages les Marseillais ne soit pas le bon moyen », rejoint par J.C. Gaudin qui enchaînait : « Si nous parlons d'une même voix, ça ne veut pas dire que droite et gauche ont le même message. » Et c'est ainsi que J.C. Gaudin (UMP), J.N. Guérini (PS) et Eugène Caselli (PS), président de la Communauté urbaine, ont demandé au préfet d'intervenir contre les grévistes pour débloquer les centres de transfert des ordures.

Les militaires de la Protection civile sont intervenus mercredi 20, sans grand effet, malgré les énormes camions de l'armée. Les tas d'ordures n'en jonchaient pas moins les rues de Marseille.

Le soir du lundi 25, les assemblées générales votaient la fin de la grève à la demande de FO, au nom de la santé publique. Le travail de nettoyage qui a commencé devrait demander une dizaine de jours.

Si les agents du nettoyage ont accepté de reprendre le travail, les problèmes sont toujours là. Ils restent très hostiles à la loi sur les retraites et ont montré qu'ils détiennent une arme efficace pour se faire entendre : la grève.

Correspondant LO