Toulouse : Les sinistrés de l'explosion de l'usine AZF sont toujours mobilisés22/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/09/une2199.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Toulouse : Les sinistrés de l'explosion de l'usine AZF sont toujours mobilisés

Cela fait neuf ans que l'usine AZF de Toulouse a explosé, provoquant la plus grande catastrophe industrielle en Europe des vingt dernières années : 31 morts, des milliers de blessés, et des dizaines de milliers d'habitants privés d'appartements pendant de longs mois.

Cette année, malgré plusieurs appels au recueillement dans d'autres lieux au même moment, l'assistance est venue aussi nombreuse que l'an dernier pour entendre les prises de parole des associations combatives et de l'UD CGT.

Pour les orateurs, la date anniversaire était l'occasion de répéter qu'avant de tourner la page, il y a encore bien des problèmes à régler, et bien des luttes à mener. Il reste d'abord à préparer le procès en appel, et pour cela rester mobilisés pour obtenir un jugement conforme au déroulement du procès, reconnaissant la responsabilité de l'industriel, ici le groupe Total, dans l'enchaînement de circonstances qui a conduit à la catastrophe.

Rappelons que le procès de cette catastrophe a eu lieu de février à juin 2009, et c'est en novembre 2009 que, comme un coup de tonnerre, la relaxe générale de tous les accusés a été prononcée. Ce verdict avait montré mieux que bien des discours où est le pouvoir, et comment les arguments financiers de Total ont pu balayer les preuves matérielles de sa culpabilité.

Et puis il y a la question des ballastières, une véritable bombe à retardement au coeur de la ville, laissée en héritage aux Toulousains par tous les ministres de la Défense depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Il s'agit d'un explosif qui reste inerte tant qu'il est recouvert d'eau. Il a été déposé dans ce qui était à l'époque des marécages, et qui est aujourd'hui au coeur de la ville.

Détruire proprement ces milliers de tonnes d'explosifs, est un problème difficile qui nécessite des investissements et de la main-d'oeuvre. Il y aurait eu avec ce projet du travail pour tous les ouvriers du pôle chimique jusqu'à leur retraite. Mais pour cela il aurait fallu des dirigeants politiques courageux capables de prendre des décisions allant dans le sens de l'intérêt général.

Or les ballastières étaient la propriété du groupe Total, et un accord a été conclu en 2006 entre l'État, le Grand Toulouse et le groupe Total, permettant au pétrolier de céder au Grand Toulouse la propriété du site AZF et donc des ballastières, l'État acceptant quant à lui de dépolluer les ballastières à la place du groupe Total. Pourquoi ? Comment ? C'est aussi ce que les sinistrés aimeraient savoir.

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