Circulaire sur les Roms : Un gouvernement xénophobe et menteur

15 Septembre 2010

« La France n'a pris aucune mesure spécifique à l'encontre des Roms », a répété jeudi 9 septembre Éric Besson, le ministre de l'Immigration, suite aux critiques du Parlement européen sur les récentes reconduites à la frontière des Roms.

Mais depuis, malheureusement pour ce ministre, les médias ont rendu publique une circulaire datée du 5 août 2010 émanant du ministère de l'Intérieur et adressée aux préfets. Non seulement toutes les déclarations gouvernementales visaient de toute évidence les Roms, mais cette circulaire l'écrivait noir sur blanc, contrevenant ainsi à toutes les lois interdisant de discriminer un groupe de personnes en raison de son origine. Ainsi la circulaire précisait que « Le président de la République a fixé des objectifs précis, le 28 juillet dernier, pour l'évacuation des campements illicites : 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms ». La suite était également sans équivoque : « Il revient donc, dans chaque département, aux préfets d'engager (...) une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux des Roms .» On pouvait lire encore : « Les préfets de zone s'assureront dans leur zone de compétence de la réalisation minimale d'une opération importante par semaine (évacuation/démantèlement/reconduite) concernant prioritairement les Roms .»

Face au tollé provoqué par ces révélations, Eric Besson s'est défendu en affirmant, lundi 13 septembre, qu'il n'était pas au courant de cette circulaire contre laquelle des associations de défense des droits de l'homme, telles que le Groupement d'information et de soutien des immigrés, le Gisti, s'apprêtaient à déposer un recours en annulation devant le Conseil d'État. Dans le rôle du ministre à qui l'on aurait caché quelque chose, il est décidément très mauvais. Mais de toute façon cela ne change rien au fait qu'il assume entièrement la politique xénophobe de ce gouvernement auquel il appartient, et qu'il l'applique.

Aline RETESSE