Hospices civils de Lyon (HCL) Contre la suppression des primes non statutaires

10 Septembre 2010

Près de 400 agents des Hospices civils de Lyon, principalement infirmiers et manipulateurs de radiologie, mais aussi agents de sécurité de nuit, ont manifesté dans les rues de Lyon, mardi 1erseptembre, pour réclamer le maintien de la prime de permanence de nuit.

La suppression de cette prime équivaudrait à une perte mensuelle de salaire de 150 à plus de 300 euros pour une infirmière, suivant l'ancienneté. De leur côté, les aides-soignants travaillant dans les Urgences perdraient une prime mensuelle de 20 euros. De quoi être très en colère car, pour certains, cette perte de salaire serait dramatique, beaucoup ayant des crédits tenant compte de ces primes.

Tout a commencé en février, lorsque la direction a décidé, sans prévenir personne, de ne plus verser la prime de permanence de nuit aux nouveaux entrants de nuit (infirmiers, manipulateurs radio, agents de sécurité). Souvent, pour les mères de famille, travailler la nuit permet, grâce à cette prime, de choisir un temps partiel pour ne pas avoir à payer de garde d'enfants. Et c'est au moment de leur passage de nuit qu'elles découvrent qu'elles ne percevront pas cette prime, très importante dans l'organisation de leur vie ! Ce sont donc ces agents qui ont commencé à se mobiliser.

La direction générale explique qu'elle ne fait qu'appliquer une injonction de la Chambre régionale des comptes lui demandant de se mettre en conformité avec la loi. Elle considère en effet ces primes - une prime non statutaire mise en place par les HCL en 1974 pour inciter des infirmières à travailler de nuit, ainsi que d'autres primes d'urgences et de transport - comme des privilèges et elle exige que les HCL les suppriment.

Par solidarité avec leurs collègues et craignant que la mesure ne s'étende à tous, 200 infirmiers et manipulateurs radio ont envahi fin juin le Comité technique d'établissement, une occasion pour les directeurs de mesurer le degré de mécontentement des agents. Le ton général était une profonde révolte contre une situation de travail qui ne cesse de se dégrader, avec maintenant en plus une diminution importante des salaires. Et de faire remarquer que « plus on travaille et moins on gagne, ce n'est pas ce que le gouvernement avait dit ».

Le directeur général, en recevant les grévistes le 2 juillet, a annoncé que la Chambre régionale des comptes demandait que les primes soient supprimées à tout le monde, y compris à ceux et celles qui les touchent déjà. Et d'ajouter qu'elles coûteraient annuellement 5,3 millions d'euros et que leur suppression permettrait des économies durables, dans un contexte de déficit de près de 100 millions.

Tout cela a attisé la colère des agents concernés. Dès juillet, des établissements ont voté la grève reconductible et plusieurs actions ont été menées pendant l'été. L'intégration de ces primes dans le salaire serait bien sûr le meilleur moyen d'empêcher la direction de décider du jour au lendemain d'amputer le niveau de vie des agents. La lutte ne fait que commencer. Infirmiers, manipulateurs de radiologie et aides-soignants n'acceptent pas de perdre jusqu'à 14 % de leur salaire.

Correspondant LO