Retraites : Non aux attaques du gouvernement ! Il faut augmenter le montant des retraites pas les diminuer

18 Août 2010

Déjà très insuffisant aujourd'hui, le montant des retraites de l'immense majorité des salariés devrait diminuer encore, si la réforme du gouvernement entrait en application.

À la suite des réformes successives, Balladur en 1993 et Fillon en 2003, les travailleurs ont vu le montant de leurs retraites dramatiquement abaissé. Pour bénéficier d'une pension de retraite complète de la caisse de retraite de la Sécurité sociale, la CNAV, les salariés du privé doivent justifier de 164 trimestres de cotisation, soit 41 ans, contre 37 ans et demi auparavant. Mais surtout ce montant est aujourd'hui calculé sur les vingt-cinq meilleures années, et non plus sur les dix meilleures comme auparavant. Ajoutez à cela le fait que la revalorisation des anciennes années de cotisation a changé et n'est plus basée sur le montant de l'augmentation moyenne des salaires, mais sur celle de l'indice officiel des prix. Le résultat de ces réformes a été, selon les calculs officiels, une baisse moyenne de 20 à 25 % du montant des pensions de retraite Sécurité sociale par rapport à 1993. De plus, chaque année non validée et manquante entraîne une diminution de 5 % du montant global de la pension, ce qui touche en particulier les femmes et les chômeurs de longue durée qui ont basculé pour le RMI.

Ainsi, même avec une retraite « complète », le salarié qui devrait aujourd'hui toucher au titre de sa pension CNAV 50 % de son salaire brut, soit 60 % du net, est dans la plupart des cas bien loin de toucher 50 % de son dernier salaire brut. Bien sûr, à cela s'ajoute le montant de la pension versée par les caisses de retraite complémentaire. Ce montant varie de façon très notable en fonction des entreprises et du taux de cotisation de ces dernières, et aussi de la catégorie professionnelle des travailleurs. Cette pension est, elle, calculée par points et donc directement proportionnelle au total des cotisations versées.

La situation des retraités a donc déjà fortement régressé. Si jusqu'à la fin des années 1990 un travailleur du privé pouvait se retrouver au total avec une retraite correspondant à son ancien salaire net, ce n'est plus le cas, et de loin, aujourd'hui.

Alors, le projet du gouvernement de reculer l'âge de la retraite à 62 ans ainsi que le prolongement à venir des années de cotisations vont inéluctablement entraîner, s'ils se mettaient en place, une poussée vers la misère de couches encore plus large de retraités. En particulier pour les travailleurs qui n'auront pas cotisé pendant tous les trimestres exigés pour avoir une retraite au taux maximum, les jeunes qui auront commencé à travailler trop tard, souvent par manque de travail disponible, les femmes s'étant arrêtées temporairement de travailler, ou encore les travailleurs jetés à la rue parce que « trop vieux » et se trouvant dans l'impossibilité de retrouver un travail.

Alors, il n'y a aucune raison d'admettre ce nouveau recul. Il faut mettre en échec cette réforme. Et, puisqu'il faudra se battre pour y arriver, il faut aussi faire annuler tous les reculs successifs accumulés dans la dernière période, en revenir au minimum aux règles précédentes de calcul sur les 37,5 années de cotisations basées sur les dix meilleures années, et revalorisées sur l'évolution du salaire moyen. Il s'agit bien là d'un minimum, car le vrai problème est d'assurer à tous, au travail comme à la retraite, un revenu décent qui permette de vivre comme le 21e siècle devrait le permettre .

Des sacrifices, le monde du travail n'en a que trop fait. Chaque nouveau recul ne fait qu'encourager le patronat, les classes riches et les gouvernements à leur service à en imposer de nouveaux. Leurs profits sur notre misère, non merci ! L'argent pour garantir les retraites et les salaires, il faut aller le prendre là où il est, dans les comptes ouverts ou cachés de ces grandes entreprises, des banques, de cette grande bourgeoisie parasite qui ne sait même plus qu'en faire.

Alors encore une fois, il ne faut pas laisser passer cette nouvelle réforme de régression. C'est une question de légitime défense. Les organisations syndicales proposent de faire de la journée du 7 septembre prochain une journée de mobilisation et de protestation contre le projet gouvernemental. Il faut tout faire pour que cette journée soit une réussite et que chacun entende haut et fort le refus du monde du travail de cette prétendue réforme des retraites.

Paul SOREL