Péages d'autoroutes : Un pactole pour les concessionnaires18/08/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/08/une2194.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Péages d'autoroutes : Un pactole pour les concessionnaires

Les millions d'automobilistes qui empruntent les autoroutes en cette période de vacances ont pu de nouveau le constater, les prix des péages s'apparentent à un véritable racket : 53,20 euros pour aller de Paris à Marseille (83,50 euros avec une caravane), 50,90 euros pour parcourir les 591 km entre Paris et Bordeaux... Et les prix sont de plus en plus élevés. Selon le ministère de l'Écologie, les tarifs des quatre sociétés d'autoroutes en France ont augmenté, depuis 2005, jusqu'à deux fois plus que l'inflation officielle sur la même période.

En théorie, les prix sont contrôlés par l'État et ne doivent pas dépasser l'inflation. Mais les sociétés gestionnaires prétextent leurs investissements pour imposer des hausses bien plus importantes. Elles exagèrent tellement que la Cour des comptes, dans un rapport publié en 2008, avait dénoncé la justification de ces hausses comme « invérifiable ». La Cour avait aussi montré que les sociétés d'autoroutes avaient pris l'habitude d'augmenter fortement les tarifs sur les tronçons les plus utilisés, les augmentant moins sur les autres parties. Les autoroutes françaises sont d'ailleurs les plus chères d'Europe. Ainsi, un week-end de trafic en période de vacances rapporte près de 100 millions d'euros.

Rien d'étonnant alors si les autoroutes, depuis leur privatisation complète en 2005 par le gouvernement Villepin, sont très profitables aux trois sociétés qui se les partagent en France, les groupes français Vinci et Eiffage et l'entreprise espagnole Abertis. Les bénéfices d'ASF (Autoroutes du Sud de la France) ont augmenté de 4,5 % l'année dernière et se sont élevés à 627 millions d'euros, dont 457 millions reversés directement à Vinci, propriétaire d'ASF. Pour le groupe APRR (contrôlé par Eiffage), les bénéfices ont atteint les 349 millions, en hausse de 12,1 %. Ce qui n'a pas empêché ces deux groupes de supprimer 1 867 emplois !

La privatisation de ces sociétés, initiée par le gouvernement Jospin en 2002, étendue par Raffarin puis achevée par Villepin, a ainsi été un véritable cadeau pour des grands groupes du bâtiment qui en tirent des bénéfices de plus en plus élevés.

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