La Faute-sur-Mer (Vendée) Manifestation pour « une digue digne de ce nom »

18 Août 2010

Un millier d'habitants de la Faute-sur-Mer (Vendée) ont manifesté le 12 août pour réclamer la construction rapide d'une digue les protégeant réellement. Une banderole portait les prénoms des 29 morts de la commune et de l'Aiguillon-sur-Mer, victimes de la tempête Xynthia le 28 février dernier. Une chaîne humaine longeait le Lay, ce fleuve côtier dont le gonflement par la marée avait submergé la digue. Les manifestants voulaient montrer, en ce jour de grande marée, que la mer affleurait déjà la crête de la digue, alors qu'une marée d'équinoxe de coefficient 116 est attendue le 10 septembre (le coefficient de Xynthia était 102). Il suffirait qu'une tempête coïncide pour entraîner une nouvelle catastrophe.

Car depuis Xynthia, rien de sérieux n'a été entrepris qui puisse rassurer les riverains du Lay. La digue, fragilisée par la tempête, n'a pas été reconstruite. Sur ses 6 km de long, seules deux portions sur 700 m face au lotissement englouti ont été rehaussées, et aucune date n'a été annoncée pour le reste.

Si les maisons les plus inondées sont rachetées par l'État, bien des habitants menacés ne peuvent bénéficier de ce rachat. Par ailleurs, un certain nombre d'habitants refusent le prix que leur propose l'État, qu'ils estiment sous-évalué.

L'État avait déjà une large responsabilité dans la mort des 47 victimes de Xynthia, en n'ayant pas entretenu les digues et en n'ayant pas même fait d'étude, comme le réclamaient des scientifiques, pour calculer à partir de quelle hauteur la mer menaçait les habitations - ce qui aurait permis de les faire évacuer préventivement.

Le temps qu'il met maintenant à réagir pour construire des digues efficaces, à supposer qu'elles soient construites un jour, montre le peu de moyens que l'État est prêt à consacrer à protéger les populations. C'est aussi le résultat de la situation des services de travaux publics de l'État consécutive au démantèlement des Directions départementales de l'équipement (DDE).

Les habitants qui manifestent, comme tous ceux qui dans la région apposent des banderoles sur leur maison pour dire leur colère, ont conscience que c'est seulement ainsi qu'ils pourront se faire entendre d'un gouvernement dont la sollicitude naturelle ne va qu'au monde des milliardaires.

Correspondant LO