La campagne du gouvernement et de Sarkozy : Les idées les plus réactionnaires mises à l'honneur

18 Août 2010

Ouverte par Sarkozy au début de l'été, reprise par ses ministres et l'UMP, la campagne pour porter au pinacle tous les préjugés réactionnaires, y compris les plus nauséabonds, n'a eu de cesse jusqu'à aujourd'hui. On ainsi vu les hommes du pouvoir oser affirmer que l'insécurité était liée à l'immigration et même à l'origine immigrée de toute une partie de la population. Parallèlement, il y a eu la chasse aux Roms, c'est-à-dire à des citoyens européens venus de Roumanie ou de Bulgarie, stigmatisés à cause de leur "race" et de leur pauvreté. Il y a eu aussi la mise à l'index des centaines de milliers de citoyens, bien français, gens du voyage, dont le seul crime est de vivre dans des caravanes. Et puis, tout naturellement, on en est venu à la chasse à tous les gens aux revenus modestes, qui dilapideraient la malheureuse aide de rentrée scolaire.

L'été n'est pas fini, et on peut s'attendre à pire encore. Mais dans ce domaine il faut déjà que des limites aient été largement dépassées pour que les membres d'une commission de l'ONU s'inquiètent des dérives racistes et xénophobes du gouvernement en France.

C'est naturellement le dégoût que peut susciter l'étalage de ce ramassis de contre-vérités, qui sont habituellement l'apanage de l'extrême droite. Tout cela au nom de ce qui serait la préoccupation première « de tous les Français » : l'insécurité. Mais l'insécurité qui mine le plus le moral de millions de travailleurs ou retraités, c'est celle qui pèse sur leurs moyens d'existence, leur emploi, leur salaire, leur pension, leur couverture sociale et l'accès aux services publics.

Ce déchaînement gouvernemental a des visées politiciennes certaines, avec en ligne de mire la future élection présidentielle de 2012 et toutes les prébendes qu'elle peut offrir en termes de postes de députés, d'administrateurs et d'ouverture vers les milieux les plus riches. Mais cela a des conséquences qui dépassent largement la sphère politicienne.

Cette campagne est relayée tous les jours à la télévision, et elle est d'ailleurs faite pour cela ; les policiers embarquent les journalistes à leurs côtés afin qu'ils filment leurs opérations spectaculaires. Cet étalage va-t-il servir à améliorer les scores de Sarkozy et de l'UMP, personne n'en sait rien. En revanche, cela revient non seulement à banaliser les pires idées réactionnaires, mais à essayer d'en faire des vérités absolues.

Ceux qui doivent se sentir confortés, ce sont d'abord les champions de la mise en avant de ce ramassis ordurier, l'extrême droite bien évidemment, mais bien au-delà tous ceux qui dans le pays peuvent colporter les poncifs anti-immigrés et anti-pauvres, ceux qui assènent, le ventre et les poches souvent bien remplies, que si les travailleurs restent au chômage c'est parce qu'ils sont des fainéants.

Oui, la campagne du gouvernement est nocive et dangereuse pour nombre de ceux qui pourraient penser qu'elle ne les concerne pas. Elle est passée des immigrés à leurs enfants, des Tsiganes aux Français, aux pauvres. Elle remet ainsi sur le devant de la scène tout ce vieux fatras xénophobe, raciste, antiouvrier. C'est une vieille histoire qui a toujours suivi le même chemin.

Mais pour combattre ce glissement réactionnaire, c'est peu dire que l'on ne peut pas compter sur le Parti Socialiste. Par crainte de heurter les préjugés réactionnaires ambiants qu'agitent Sarkozy et le gouvernement, le PS est d'abord resté silencieux. Puis, ces derniers jours, il a fait donner Assouline, secrétaire national, qui, envoyé à la télévision pour donner l'avis du PS, a tenu à déclarer que pour ce dernier, comme donc pour Sarkozy et ses ministres, la sécurité était bien la première des « libertés républicaines ».

Pour contrer cette mise en condition, le monde du travail ne peut s'appuyer que sur les idées qu'a toujours défendues le mouvement ouvrier, que sur les idées communistes, qui proclament que les travailleurs, quelles que soient leur nationalité, la couleur de leur peau ou leur origine, sont rivés à la même chaîne et ont à combattre leur ennemi commun, la classe capitaliste, principale responsable des malheurs de cette société, dans le monde et d'abord ici.

Paul SOREL