Cité des Tarterêts Corbeil (Essonne) Une situation qui se dégrade

18 Août 2010

Dans la soirée du jeudi 12 août, la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes a été le théâtre de violents affrontements entre jeunes et policiers. Une descente de police musclée se serait transformée en bagarre générale avec plusieurs dizaines de jeunes du quartier. Cinq policiers auraient été blessés.

Le gouvernement et la police, relayés par la presse, ont monté cela en épingle pour mieux justifier la campagne sécuritaire du moment. À en croire la version officielle de la police, celle-ci aurait fait seulement « son boulot d'empêcher les délinquants de nuire » et de « protéger les honnêtes gens » et serait « tombée dans un guet-apens ». L'un des policiers agressé faisait même de la surenchère, déclarant dans les pages du Parisien du lundi 16 août : « Ils voulaient tuer un flic ! »

Ce n'est pas la première fois qu'il y a ce genre d'incidents aux Tarterêts, un quartier de 10 000 habitants, délaissé, touché par le chômage et la pauvreté. De nombreux habitants du quartier ont le sentiment que le gouvernement cherche à criminaliser la population la plus pauvre en multipliant les patrouilles policières, les contrôles au « faciès », les brimades et les vexations multiples.

Aux Tarterêts, plusieurs cars de CRS stationnent dans les rues. Ce dispositif policier permanent laisse croire qu'il n'y a que des délinquants dans la cité. S'il y en a, comme dans bien d'autres quartiers défavorisés, il y a surtout des milliers de travailleurs des usines de la région, mais aussi beaucoup de chômeurs, jeunes et moins jeunes, français ou immigrés, qui n'aspirent qu'à vivre tranquillement.

Si aujourd'hui la police n'a pas bonne presse parmi de nombreux habitants du quartier, ce n'est pas vraiment un hasard : certains d'entre eux se souviennent encore de l'intervention brutale des CRS dispersant à coups de gaz lacrymogène et de matraques une kermesse associative de plus de 400 adultes et enfants, le 28 juin 2009. Les jours suivants, un hélicoptère surveillait même la cité en permanence, comme si le quartier était en état de guerre.

L'an dernier, la violence des CRS avait suscité une telle indignation que les habitants s'étaient retrouvés à plusieurs centaines au commissariat, pour protester et demander des comptes. D'autres manifestations avaient suivi.

Lundi 16 août, la police a arrêté quatre agresseurs présumés. Gageons qu'ils passeront en jugement rapidement. Quant aux policiers responsables des violences de 2009, ils n'ont toujours pas été inquiétés !

Correspondant LO