PSA - Mulhouse (Haut-Rhin) Fabricant de précarité

18 Juin 2010

« Création de 500 postes de travail », titrait la presse les 12 et 13 juin, après l'annonce par la direction de l'usine PSA Mulhouse du démarrage d'une équipe de nuit, à compter du mois d'octobre, pour la production de la nouvelle Citroën C4.

Un bon coup de publicité qui, à y regarder de plus près, n'est qu'un effet d'annonce. La direction va en effet faire appel à des travailleurs en intérim ou en CDD pour occuper ces postes de travail, et elle envisage de monter cette équipe pour une durée de six mois. Tout cela alors que sur l'autre ligne de montage, où sont produits les modèles 206+ et 308 de Peugeot, elle vient juste d'arrêter une équipe de nuit et de renvoyer... 500 intérimaires !

Quant à l'annonce en fanfare de quarante embauches en CDI pour le second semestre de cette année, il n'y a pas de quoi pavoiser : à ce rythme, il faudrait près de dix-neuf ans pour embaucher les 1 500 travailleurs qui sont actuellement sous contrat précaire à l'usine. Et la direction se garde bien de rappeler qu'elle a supprimé 2 000 emplois en CDI ces quatre dernières années, soit 20 % des effectifs.

Pour bon nombre d'intérimaires qui galèrent depuis des années de petit boulot en petit boulot, il y a bien sûr l'espoir de décrocher enfin un CDI. Mais un espoir bien mince : certains ont déjà fait le calcul que seulement deux sur cent parmi eux seront retenus...

Si la production quotidienne doit avoisiner les 1 500 véhicules en fin d'année, pour peu que les ventes ne chutent pas d'ici là, c'est avant tout de la précarité que PSA fabrique et entretient dans toutes ses usines.

Correspondant LO