Prison de Rouen : L'État condamné pour des conditions de détention indignes

18 Juin 2010

Le tribunal administratif de Rouen a condamné l'État à indemniser 38 prisonniers pour avoir été incarcérés « dans des conditions n'assurant pas la dignité inhérente à la personne humaine ». L'État devrait leur verser des sommes allant de 350 à 17 500 euros.

Construite en 1864, la prison Bonne nouvelle de Rouen compte 650 places. Or, elle a reçu jusqu'à 850 prisonniers, qui peuvent se retrouver à trois dans des cellules comprises entre 10 et 13 m². En outre, les toilettes « n'ont pas de ventilation ni de cloisonnement véritable avec la pièce principale ».

La ministre de la Justice, Alliot-Marie, a fait appel du jugement, avançant que le tribunal de Rouen s'était appuyé sur des expertises partielles datant de 2005 et que, depuis, des travaux de rénovation avaient été entrepris... dans les cuisines notamment ! Pourtant, elle reconnaissait que, vu sa vétusté, l'établissement allait être fermé et reconstruit.

Cette prison n'est qu'un exemple de la surpopulation, de la vétusté et de l'insalubrité des établissements pénitentiaires. Déjà, pour des faits similaires, les tribunaux administratifs de Nantes et de Caen avaient condamné l'État à indemniser des détenus, et les conditions de détention en France avaient encore récemment fait l'objet de critiques sévères de la part du Comité contre la torture de l'ONU.

Il y a un an, en juin 2009, Sarkozy avait lancé devant un parterre de parlementaires que les prisons étaient « une honte pour la République ». Visiblement, elles le restent.

Marianne LAMIRAL