Nouveaux programmes scolaires : Économies sur la culture

18 Juin 2010

Le ministre de l'Éducation, Luc Chatel, présentant les nouveaux programmes scolaires décidés pour les lycées, les a justifiés par la nécessité de « moderniser le lycée français, l'adapter au monde d'aujourd'hui ». Il a tenu à préciser que « notre lycée est resté trop longtemps sur le modèle ancien, quand seulement 20 % des élèves y entraient. On voit bien aujourd'hui que 120 000 jeunes sortent du système scolaire sans rien. »

Mais pourquoi tant de jeunes sortent-ils sans aucun diplôme ? Parce que les programmes sont mauvais ? Ou bien parce que les conditions dans lesquelles les jeunes étudient, entassés dans des classes à 35 et plus, et ce depuis le collège, ne leur permettent pas de dépasser leurs difficultés ?

Les changements de programmes proposés par Luc Chatel consistent surtout à les adapter à la diminution des heures d'enseignement dans la plupart des matières. Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, l'Histoire disparaît dans certaines Terminales, les élèves doivent apprendre durant leur année de Première toutes les notions qui étaient vues précédemment en deux ans. Cela réduit par exemple l'étude de la Seconde Guerre mondiale à trois heures.

Effectivement, nous ne sommes plus à l'époque où les lycées ne regroupaient que les 20% dont parle Chatel. La majorité des jeunes des classes populaires, qui ont de fait beaucoup moins accès à la culture, y entrent. La réduction du nombre d'heures consacrées aux matières leur permettra encore moins d'acquérir cette ouverture culturelle qui leur manque.

Mais bien évidemment ce ne sont jamais des considérations de ce genre qui ont prévalu dans l'élaboration des dernières « réformes ». Comme l'a bien montré le « document confidentiel » dont les syndicats enseignants ont largement fait la publicité, le problème du ministre de l'Éducation, et celui de tout le gouvernement, se résume à ce slogan : « Faire des économies à tout prix ». Luc Chatel sait compter : des programmes scolaires allégés, cela signifie moins d'heures d'enseignement, ce qui permet d'embaucher moins d'enseignants.

Voilà à quoi se résume toute la « philosophie » du gouvernement en matière d'éducation !

Aline RETESSE