Maroc - Région minière de Khouribga : Les victimes de l'OCP ne baissent pas les bras

18 Juin 2010

Le 7 juin, au Maroc, treize travailleurs de Smesi et deux autres manifestants solidaires de leur combat ont été condamnés à quatre mois de prison ferme et 500 dirhams d'amende. C'est la lourde sanction que leur a infligée le tribunal pour avoir manifesté en avril dernier. Alors qu'ils dénonçaient le licenciement abusif de 850 travailleurs, la police avait très violemment chargé les manifestants. Il y avait eu plusieurs blessés et une quinzaine d'arrestations.

Les salariés de Smesi, travaillant depuis des années dans la région minière de Khouribga pour cette filiale à 100 % de l'OCP (Office chérifien des phosphates, groupe étatique), n'avaient fait que réclamer leur intégration dans ce groupe, afin de bénéficier des mêmes droits que les autres mineurs de l'OCP. Pour mieux se faire entendre face à ce puissant groupe connu pour son intransigeance vis-à-vis de ses salariés, ils avaient créé une section syndicale de l'UMT (Union marocaine du travail). La réponse de l'OCP ne se fit pas attendre : il les fit collectivement licencier, durant l'été 2009.

Malgré la répression brutale et des conditions de vie de plus en plus difficiles pour eux-mêmes et leurs familles - ils ne bénéficient d'aucune aide en dehors des réseaux familiaux - , les ouvriers licenciés ne baissent toujours pas les bras. Ils ont notamment organisé une manifestation devant la direction générale de l'OCP à Casablanca le 10 juin, et une manifestation devant le complexe de séchage du phosphate à Oued Zem le 13 juin.

Les travailleurs de Smesi méritent la solidarité de tous, dans leur lutte pour la libération des détenus, la réintégration des ouvriers licenciés, leur titularisation, le respect de leur choix syndical.

Roger MEYNIER